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Election au Medef: qui est l'outsider Hervé Lambel?

Hervé Lambel, le plus discret des prétendants à la présidence du Medef, compte faire entendre ses propositions.

Hervé Lambel, le plus discret des prétendants à la présidence du Medef, compte faire entendre ses propositions. - -

Des cinq candidats en lice pour succéder à Laurence Parisot à la tête de l'organisation patronale, il est l'outsider, celui dont on parle le moins. Pas de quoi intimider celui qui se veut la voix des PME.

Nouvelle étape dans la bataille pour la présidence du Medef: ce jeudi 23 mai, les cinq candidats à la succession de Laurence Parisot seront auditionnés par les 45 membres du Conseil exécutif. Ils diront le 3 juin prochain sur qui se porte leur choix.

Dans cette campagne, deux poids lourds font figure de favori: Pierre Gattaz, le patron de Radiall, et Geoffroy Roux de Bézieux, patron de Virgin Mobil. Viennent ensuite Patrick Bernasconi, président de la fédération du BTP, connu pour avoir représenté le Medef lors de la conférence sociale de cet hiver, et Thibault Lanxade, PDG d'Aquoba, qui s'est fait remarquer par ses propositions détonnantes.

Un familier du monde de l'entreprise

Le plus discret, l'outsider de cette élection, c'est Hervé Lambel. Le président du Cerf, l'association des "Créateurs d'emploi et de richesse en France", est celui dont on ne parle quasiment pas. Dans son bureau de campagne, au centre de Paris, il dit savoir qu'on l'appelle "l'inconnu" ou "le petit patron". Mais cela ne lui fait pas peur.

Celui qui veut être la voix des PME assure être "au contact des entreprises, à la recherche de propositions". S'il en trouve une bonne, il est capable de "rentrer en lutte sur le plan syndical", comme il assure le faire "depuis de nombreuses années".

Le monde de l'entreprise, il le connaît bien. Issu d'une famille d'entrepreneurs, Hervé Lambel est patron d'une société présente dans les nouvelles technologies et la production de spectacles vivants. En priorité, il veut aider les entreprises à améliorer leur trésorerie.

Une simplification de la TVA

L'une de ses propositions phare pour y parvenir est de simplifier la TVA. Aujourd'hui, explique-t-il, chaque entreprise paye de la TVA sur ses approvisionnements et ses investissements, et en collecte sur chacune de ses ventes. "En simplifiant cette collecte, les entreprises, en collectant et en facturant des montants hors taxe, se verront libérées d'une charge de trésorerie de 20 milliards", assure-t-il.

Autre cheval de bataille: mettre fin au plafond de déduction de l'ISF pour les investissements réalisés dans les PME.

Si un autre candidat acceptait de porter son projet, serait-il prêt à nouer une alliance et renoncer à la course? Hervé Lambel raisonne dans l'autre sens: "s'ils achètent mes propositions, c'est qu'ils achètent ma candidature, et qu'ils sont d'accord pour m'accompagner dans cette mise en œuvre".

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Dorothée Balsan