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Du maraîcher au tractoriste, ces métiers recrutent dans l’agriculture

Le métier d'agent de cultures légumières et fruitières fait partie du top 5 des métiers en tension dans le secteur agricole.

Le métier d'agent de cultures légumières et fruitières fait partie du top 5 des métiers en tension dans le secteur agricole. - Célia Pernot-Flickr-CC

La production agricole représente à elle seule 50.000 emplois à pourvoir par an. Les évolutions technologiques ont généré de nouveaux besoins en salariés qualifiés.

Dans les allées du Salon de l’agriculture, lui n’est pas venu faire entendre sa voix auprès des responsables politiques mais bien communiquer auprès des jeunes. "L’enseignement agricole propose aujourd’hui 19 bacs professionnels différents et les emplois sont là… mais certaines classes demeurent à moitié vides", déplore Patrick Guès, de l’Union nationale des Maisons familiales et rurales. Les métiers du secteur agricole peinent à séduire. Le grand rendez-vous agricole, qui se tient à Paris jusqu’au 6 mars, est l’occasion pour les organismes de formation spécialisés dans l'agriculture de valoriser l’image de la filière.

"Sur la production agricole en tant que telle, il se recrute 50.000 personnes sur des postes permanents chaque année, sans tenir compte des saisonniers", relève le directeur des rédactions de La France Agricole, Eric Maerten. "L’élevage et la viticulture sont les deux spécialités qui recrutent le plus", poursuit-il. En 2013, 723.000 actifs (équivalent temps plein) travaillaient dans le domaine agricole en France métropolitaine.

5.000 postes dans l’agro-équipement

Les évolutions technologiques créent de nouveaux besoins. Avec les années, le matériel est devenu de plus en plus sophistiqué. Les moissonneuses-batteuses et autres tracteurs sont par exemple bourrés d’électronique. Résultat, la main d’œuvre qualifiée manque pour en assurer la maintenance. "Il existe des besoins importants en mécanique agricole, pour l’entretien et la conduite des machines", souligne Patrick Guès. Ce que confirme Eric Maerten: "En moyenne, 5.000 postes sont à pourvoir chaque année dans le secteur de l’agro-équipement. Les employeurs peuvent aussi bien être des constructeurs que des concessionnaires. Il s’agit aussi d’assurer le service après-vente de ces outils". Cela demande des formations de niveau BTS en mécatronique afin de maîtriser à la fois les aspects mécanique, électronique et informatique des systèmes. "Le secteur agricole recherche des profils qualifiés, le cœur de cible des recrutements concerne les diplômés de BTS", précise le directeur des rédactions de La France Agricole.

Autre secteur lié à l’agriculture auquel les futurs étudiants ne songent pas couramment: le conseil aux exploitations. "Aux alentours de 2.000 postes de conseillers en gestion, conseillers fiscaux et patrimoniaux, et conseillers en courtage restent à pourvoir", signale Eric Maerten.

Les exploitations agricoles spécialisées ne sont pas en reste. Celles spécialisées en horticulture et maraîchage représentent "un bassin d’emploi très riche", note l’association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture (ANEFA).

Le salariat progresse

Contrairement aux idées reçues, travailler dans le secteur de la production agricole ne signifie pas forcément être à son compte, pieds et poings liés à une exploitation. Depuis plusieurs années, le salariat se développe. "La part des salariés permanent a doublé en vingt ans", fait valoir Eric Maerten. "Cela se remarque particulièrement dans le secteur de la viticulture et dans celui de l’arboriculture", précise Patrick Guès. En 2014, le secteur agricole a généré ou entretenu 1.165.000 emplois salariés, d’après les chiffres de la MSA. Cela regroupe les postes au sein des exploitations de production agricole mais aussi des entreprises de prestation de services agricoles et ruraux, des entreprises forestières et des entreprises du paysage. Les CDD sont néanmoins en hausse de 15% sur dix ans, toujours selon la MSA.

Les cinq métiers identifiés comme étant "en tension" par l’ANEFA sont: agent d’élevage porcin et laitier, agent d’élevage de canard/gaveur, agent de cultures légumières et fruitières, conducteur d’engins agricoles et agent tractoriste en viticulture. Des intitulés qui donnent une idée du niveau de spécialisation de ces métiers. "Rien qu’en production il existe 90 métiers différents!", s’exclame Eric Maerten. Une diversité qui devrait permettre à chaque curieux du monde agricole de trouver un métier à sa mesure.

Adeline Raynal