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Des grévistes s'introduisent dans le bureau du patron de la SNCF

Le bâtiment du siège de la SNCF à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, a été occupé quelques heures par des grévistes, ce mardi.

Le bâtiment du siège de la SNCF à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, a été occupé quelques heures par des grévistes, ce mardi. - BERTRAND GUAY - AFP

Des salariés d'une compagnie de bus de banlieue parisienne détenue par la filiale de la SNCF Keolis, en grève depuis lundi, ont occupé quelques heures le bureau de Guillaume Pepy ce mardi.

Ils ont finalement été délogés. Mais ils ont occupé plusieurs heures le siège de la SNCF à Saint-Denis. Une soixantaine de salariés d'une compagnie de bus de banlieue parisienne détenue par Keolis (groupe SNCF), en grève depuis lundi, ont fait irruption dans le bureau du président, ce mardi, en l'absence de ce dernier, a indiqué une source.

La SNCF avait pour sa part dénombré "une trentaine" d'intrus, mais nié qu'ils soient parvenus à atteindre le bureau de Guillaume Pepy. "Ils ont pénétré de force dans le siège" et "ont demandé à voir", en vain, le président du groupe ferroviaire, qui était en déplacement, avait-on précisé.

Ni violence, ni dégradation

"Environ 40 salariés qui avaient envahi le bureau du président de la SNCF ont quitté les lieux en fin d'après-midi", a précisé une source policière, ajoutant qu'aucune "violence" ou "dégradation" n'était à déplorer.

Les salariés des Courriers d'Île-de-France (CIF), en pleine négociation salariale annuelle, sont en grève depuis lundi, entraînant de fortes perturbations sur le réseau de ces bus qui desservent la Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne et le Val-d'Oise.

"La direction ne veut pas nous recevoir. Ils se foutent de savoir que les usagers n'ont plus de bus" a déploré le secrétaire du CHSCT des CIF, Djamal Benkissaou, ce mardi. "Ce serait à Paris ou à Versailles (et non dans des communes souvent défavorisées de grande banlieue) ce serait différent", a-t-il lancé.

Des exactions de la part d'individus cagoulés

Le directeur opérationnel des CIF, Jean-Olivier Ehkirch, a indiqué que les grévistes "n'ont sollicité aucun rendez-vous" auprès de la direction, ajoutant que le conflit se déroule "dans le cadre des négociations annuelles obligatoires, nous sortons de 10 réunions de négociations", qui se sont déroulées entre début avril et début mai.

Il a fait état de plusieurs plaintes, déposées suite à "des exactions extrêmement fortes de la part d'individus cagoulés", et à des "menaces physiques et morales" sur des salariés. Il a dénoncé des "individus qui voulaient aller au conflit, n'avaient pas de volonté de négocier", lors des NAO. Le taux de grévistes est de 20%, a-t-il ajouté.

Selon les syndicalistes de la CGT, la direction veut notamment réduire les salaires à l'embauche de 1.900 à 1.750 euros. Les salariés se plaignent aussi, de façon récurrente, d'avaries de matériel imputables selon eux à un manque d'investissement et d'entretien.

N.G. avec AFP