BFM Business

Des emplois aidés pour lutter contre le chômage

-

- - -

Le chômage est en hausse pour le 14e mois consécutif. Le ministre du Travail, Michel Sapin a promis de créer davantage d'emplois aidés en 2013 dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires. La solution miracle ?

Le nombre de demandeurs d’emploi a encore augmenté en juin, pour la 14e fois consécutive - +0,8% -. Michel Sapin, le ministre du Travail a promis de créer davantage d'emplois aidés en 2013 dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires. « Il y aura l'année prochaine 100.000 emplois aidés de plus et 100.000 emplois aidés de plus, c'est 100.000 chômeurs de moins », a précisé le ministre. Les emplois d'avenir seront prioritairement destinés aux jeunes peu qualifiés des quartiers.

Effet limité sur le marché du travail

Pourtant, selon l'étude de l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) publiée hier, « Evaluation du projet économique du quinquennat 2012-2017 », ces types de contrats n'auront qu'un effet limité sur le marché du travail. « A partir du moment où vous devez faire une politique d’austérité de plus de 30 milliards sur 2013, vous avez très peu de marge de manœuvre, explique Matthieu Plane, économiste à l’OFCE et un des auteurs de l’étude. Donc vous essayez de trouver des solutions avec peu de moyens. Pour à peu près 500 000 contrats générations on devrait créer entre 50 000 et 100 000 nouveaux emplois ce qui n’est pas négligeable, mais ça montre aussi qu’il y a des effets d’aubaine importants. Par contre les emplois d’avenir pourraient créer 100 000 emplois supplémentaires en direction des jeunes ou des bas salaires c’est-à-dire les publics qui sont notamment les plus en difficulté pour accéder au marché du travail. Maintenant si 100 000 emplois c’est important sur un quinquennat, ça ne permettra pas de revenir au plein emploi ».

« Il y a une batterie de solutions »

Mais pour Razzy Hammadi, député PS de Seine-Saint-Denis, ces emplois aidés sont une des solutions pour lutter contre le chômage. « Face au chômage, il n’y a pas qu’une seule solution, il y a une batterie de solutions, estime-t-il. La mise à disposition de ces emplois aidés dans des secteurs où des besoins se font ressentir dans les administrations auprès des collectivités territoriales, est une des solutions sur lesquelles nous décidons de mettre l’accent. Sur le contrat d’avenir, on est dans un parallélisme avec les emplois qui est assez évident. 86% des emplois jeunes ont été ensuite dans un chemin de l’emploi en CDI. Pour les contrats d’avenir ça sera la même logique ».

« Il y a entre 300 000 et 500 000 emplois non pourvus en France »

Pour Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal ETHIC, il y a encore des emplois à pourvoir en France. « Si on pousse à l’extrême ce raisonnement, l’URSS socialiste a trouvé un emploi à tout le monde, des emplois misérables. Il faut savoir qu’il y a entre 300 000 et 500 000 emplois non pourvus en France, des emplois souvent non qualifiés. Les aides sont telles que ces emplois qui sont parfois difficiles sont refusés par ceux qui bénéficient des aides. Ils préfèrent bénéficier d’une forme d’assistanat plutôt que de se remettre à travailler dans ces conditions. Je crois qu’il faut les inciter à prendre des emplois qu’on n’a pas envie de prendre ».

La Rédaction, avec Annabelle Vilmont