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Contre le chômage, les jeunes choisissent l’expatriation

Une étude publiée par le cabinet de recrutement Deloite en février dernier, montrait que 27% des jeunes diplômés voulait partir, contre 15% seulement un an plus tôt.

Une étude publiée par le cabinet de recrutement Deloite en février dernier, montrait que 27% des jeunes diplômés voulait partir, contre 15% seulement un an plus tôt. - -

Les chiffres du chômage de mars seront connus ce jeudi à 18h. Et ils ne seront toujours pas bons. Afin de ne pas se retrouver sans emploi, de nombreux jeunes diplômés choisissent une solution radicale : partir à l’étranger.

Les chiffres du chômage ne seront toujours pas bons pour le mois de mars. La courbe du chômage qu’a promis d’inverser François Hollande avant la fin de l’année n’a pourtant toujours pas changé de direction. Et sur les chiffres du mois de mars, personne ne s’attend à une bonne nouvelle. Il est plus que probable que pour le vingt-troisième mois consécutif, la tendance soit à la hausse. Un record devrait même être battu : celui du nombre de chômeurs n'ayant pas du tout travaillé dans le mois devrait dépasser les 3,195 millions, record qui date de juin 1997. Le chiffre intégrant les demandeurs d’emploi ayant occupé un emploi devrait être supérieur à 5 millions.

Un tiers des jeunes souhaitent s’installer à l’étranger

Face à la morosité du marché du travail hexagonal, augmentation du chômage de 10% en un an pour les jeunes de moins de 25 ans, de nombreux jeunes diplômés ont décidé de contourner ce problème et choisissent une solution radicale : partir à l’étranger. Une étude publiée par le cabinet de recrutement Deloitte en février dernier montrait que 27% des jeunes diplômés voulaient partir, contre 15% seulement un an plus tôt.

« Je conseille à n’importe quel jeune de regarder à l’international »

Alban a 28 ans, il s'est installé il y a deux ans à Dubaï, il est steward chez Emirats. Et pour lui, partir, c'était presque une évidence. « A 25, 30 ans, on a besoin de bosser, explique le jeune homme. Moi, je suis venu ici car il y a une dynamique d’emploi, au niveau économique, les chiffres sont dans le vert. La France était assez morose et les conditions n’existaient pas non plus. Mon salaire de 10 000 dirhams, soit 2000 euros/mois n’est pas énorme. La dessus, je ne paye pas de logement ni d’impôts. Niveau emploi, c’est une belle dynamique et je conseille à n’importe quel jeune de regarder à l’international ».

« Après 6 mois de recherches infructueuses, il faut se tourner vers l’étranger »

« Il y a à peu près 50% des jeunes diplomés qui passent dans mon cabinet qui partent à l’étranger car ils ne trouvent pas d’emploi en France, explique Michel Moyal, patron d'un cabinet de recrutement à Strasbourg, spécialisé dans le premier emploi. Si un étudiant cherche du travail pendant plus de 6 mois en France et qu’il ne trouve pas, on va lui dire d’aller chercher à l’étranger. Certains établissements obligent même leurs étudiants à faire une année à l’étranger. Il y a de plus fortes évolutions en terme de carrière et le pouvoir d’achat est quasi le même, voire meilleur à l’étranger ».

Tugdual de Dieuleveult avec T. Chupin