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Compte pénibilité: Valls n'accordera pas de délai en plus au patronat

Manuel Valls fait preuve de fermeté face au patronat

Manuel Valls fait preuve de fermeté face au patronat - Éric Feferberg - AFP

Le Premier ministre a refusé d'accorder une rallonge de temps aux entreprises pour mettre en œuvre le compte pénibilité, qui entre en vigueur ce vendredi 1er juillet. Il renvoie ainsi le Medef dans ses gonds.

Le dialogue semble être désormais rompu entre le gouvernement et le Medef au sujet du compte pénibilité. L'organisation patronale réclamait un délai d'application concernant cette mesure entrant en vigueur ce vendredi 1er juillet car "elle ne sait pas comment l'appliquer", faisait valoir jeudi son vice-président Geoffroy Roux de Bézieux.

Une demande rejetée le même jour par le Premier ministre Manuel Valls. "La loi prévoit déjà un délai sur la mise en oeuvre mais ces délais doivent être respectés. Il n'y aura pas de nouveau délai", a déclaré Manuel Valls lors d'un point presse sur le perron de Matignon.

Le compte pénibilité, issu de la réforme des retraites de 2013, permet aux salariés du privé ayant exercé des tâches pénibles de cumuler des points afin de partir plus tôt à la retraite, de se former ou de travailler à temps partiel.

Mise en oeuvre dès ce vendredi

S'il entre en vigueur officiellement ce vendredi, dans les faits les entreprises n'auront à faire leurs déclarations qu'au 1er janvier 2017 et pourront les modifier jusqu'en septembre 2017, voire 2019 si la modification joue en faveur du salarié.

"Il y a encore un travail qui va être fait dans les mois qui viennent, c'est tout simplement la loi", a souligné le Premier ministre.

"Utilisons ce temps pour une mise en oeuvre concrète et intelligente, chacun est d'accord, mais la mise en oeuvre de la loi c'est à partir de (vendredi) et personne ne peut s'y soustraire", a affirmé Manuel Valls.

Le président du Medef Pierre Gattaz, qui avait dit qu'il "n'appliquerait pas" le compte pénibilité, a de nouveau fustigé une loi "inapplicable" après une série d'entretiens de Manuel Valls avec le patronat. Le patron des patrons a toutefois affirmé ne pas avoir ainsi "appelé à la désobéissance", alors que ses propos ont provoqué de vives réactions de l'exécutif et des syndicats.

Potentiellement, 3 millions de personnes sont concernées, selon le gouvernement qui a retenu dix facteurs, dont quatre sont en vigueur depuis 2015 : travail de nuit, travail répétitif, en horaires alternants ou milieu hyperbare (sous-marin). Au 1er juillet, six autres entrent en application: postures pénibles, manutentions manuelles de charges, agents chimiques, vibrations mécaniques, températures extrêmes et bruit.

J.M. avec AFP