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Comprendre la guerre de pouvoir au sein d'EADS

Les résultats des négociations sont sans surprise sur la nouvelle structure actionnariale d'EADS.

Les résultats des négociations sont sans surprise sur la nouvelle structure actionnariale d'EADS. - -

L’accord conclu mercredi 5 décembre redistribue les parts du géant aéronautique EADS. Explications sur les transactions en cours.

Plus de pouvoir pour l’Allemagne, la fin d'un droit de véto français, et moins de gros actionnaires privés. Voilà comment pourrait se résumer la nouvelle répartition de l’actionnariat chez EADS, décidée mercredi 5 décembre. Plus qu'un aboutissement, c'est le début d'une transformation profonde dans la gestion d'EADS.

Premier à abattre ses cartes, Daimler. Jeudi 6 décembre, la compagnie bavaroise a annoncé la vente de la moitié de ses parts, pour une somme totale de 1,66 milliard d’euros. Parmi ces 7,5%, 2,76% ont été achetés par la banque publique allemande KFW. Daimler devrait se séparer de la dernière moitié de sa participation d'ici juillet 2013.

Depuis plusieurs mois déjà, Daimler, qui possédait 15%, avait annoncé sa volonté de se retirer de la gestion d’EADS. Son président expliquait vouloir se recentrer sur l’industrie automobile.

Un programme de rachat favorable à Lagardère

Parallèlement, EADS a annoncé un programme de rachat de ses actions, à hauteur de 15%, une dépense d’environ trois milliards d’euros. A cette occasion, l’Allemagne, via la banque publique KFW, devrait acquérir les parts manquantes pour atteindre 12%.

L’accord prévoit qu’au moins 5,5% des actions du groupe français Lagardère, soit 1,2 milliard d’euros, feront parties de ce programme de rachat. La part totale du capital flottant d’EADS, échangeable sur les marchés, passera donc de moins de 50% à plus de 70%.

Du méga-projet européen à une entreprise normale

Cette nouvelle donne, permettra-t-elle à EADS d'être plus efficace dans sa gestion? Olivier Dassault, membre du conseil d’administration de Dassault Aviation, dont EADS détient 46%, n'hésitait pas, lui, à dénoncer mercredi soir sur BFM Business "un conglomérat qui rassemble différentes activités qui n’ont rien à voir entre elles et n’ont pas suffisamment d’interactions" (vidéo ci-contre).

La diminution du poids des Etats européens sur EADS devrait également permettre la mise en place d'une vraie gestion d’entreprise. A l’avenir les décisions "seront gérées sans l’interférence extérieure" de groupement d’actionnaires particuliers, se félicitait Tom Enders, président d’EADS.

Audrey Dufour