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Compétitivité : Louis Gallois dénonce "le dialogue social peu productif"

Devant le Conseil économique, social et environnemental, Louis Gallois a appelé les partenaires sociaux à mener des négociations constructives

Devant le Conseil économique, social et environnemental, Louis Gallois a appelé les partenaires sociaux à mener des négociations constructives - -

A l’occasion de la présentation par le Cese de son rapport annuel sur l’état de la France en 2012, mercredi 12 décembre, le Commissaire général à l’investissement est venu présenter son rapport sur la compétitivité.

A la suite de la remise du rapport sur la compétitivité, des critiques avaient été formulées sur la ressemblance du texte avec d’autres rapports sur le même thème. Cette continuité, Louis Gallois l’a revendiqué devant les membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese) où il présentait ses conclusions, ce 12 décembre. "Je me suis inspiré de nombreux autres textes, tout particulièrement d’un rapport sur la compétitivité émanant du Cese", assume-t-il.

Mais il semble que la principale motivation du Commissaire général à l’investissement à venir devant le conseil soit d’inciter les partenaires sociaux à se montrer souples dans les négociations actuelles. Il y a notamment celle sur la sécurisation du travail, qui se tient actuellement. Or, pour Louis Gallois, "rien n’est possible sans un consensus sur les moyens de relancer la compétitivité en France".

Un problème de coût plus que de prix

L'ancien patron d'EADS rappelle le diagnostic sévère qu’il a livré dans son rapport : "l’industrie française a un problème de coût, mais surtout un problème de prix"

L’Hexagone "s’aligne sur les prix fixés par des pays aux structures de coût moindres alors que l’industrie allemande fait ses propres prix". Louis Gallois rappelle ainsi que le prix d’une Mercedes est fixé par Daimler. Le prix d’une citadine Peugeot ou Renault est aligné sur celui d’une Skoda, d’une Ford…

Conséquence : la marge des entreprises s’est réduite de 20% en dix ans. Ainsi, elles ne peuvent plus investir davantage, donc innover, donc monter en gamme. Et c’est le "cercle vicieux". Pour lui, le premier impératif est donc de relancer l’investissement.

Le second est d’assurer la stabilité de la règlementation. Et Louis Gallois de dénoncer "le millefeuille administratif, l’instabilité réglementaire". Sur les huit premiers mois de 2012, il y a eu 41 textes différents sur la gestion des ordures industrielles, s’indigne-t-il.

Timide devant un public composé de représentants syndicaux et patronaux, Louis Gallois dénonce "un dialogue social peu productif, formaliste, marqué par des postures qui surdétermine les discussions". "Nous ne pouvons pas payer une deuxième fois un choc comme celui de 2009", prévient-il. "Si on n’est pas capable de créer un dialogue social constructif, assure-t-il, on n’y arrivera pas".

Nina Godart