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Clap de fin pour les hauts fourneaux de Florange

François Hollande avait gagné la confiance des salariés d'ArcelorMittal à Florange, durant la campagne présidentielle.

François Hollande avait gagné la confiance des salariés d'ArcelorMittal à Florange, durant la campagne présidentielle. - -

Un Comité central d'entreprise d'ArcelorMittal a entériné, jeudi 11 avril, le projet industriel du géant de l'acier, qui prévoit notamment la fermeture des hauts fourneaux de Florange.

Comme on pouvait le craindre du côté de Florange, les hauts fourneaux vont s’arrêter de tourner. Définitivement. Leur mort a en effet été actée, jeudi 11 avril, à l'occasion d'un Comité central d'entreprise (CCE) d'ArcelorMittal. Celui-ci a également validé le projet industriel proposé par le géant de l’acier, qui devrait être mis en oeuvre à partir de lundi 15 avril.

Il s’agit de la conséquence directe de l'accord passé fin novembre entre Mittal et le gouvernement. L’idée d’une nationalisation du site, longtemps brandie par Arnaud Montebourg et espérée par les salariés, avait alors fait long feu.

Mais les élus du personnel d'ArcelorMittal ne veulent pas baisser les bras. Jeudi, ils ont une nouvelle fois dénoncé "l'erreur" du projet industriel du sidérurgiste, mettant en avant "le rapport explosif de Secafi qui invalide totalement le projet", selon Philippe Verbeke, délégué CGT.

Avant d’en appeler, une nouvelle fois, au gouvernement, qui "a pu se tromper parce qu'il n'avait pas tous les éléments en main mais si on laisse filer très rapidement ce sera irréversible". Dans son rapport, le cabinet Secafi estimait que l'arrêt de la filière liquide à Florange allait "aboutir à un déficit de capacité du groupe".

Mittal gagnant

De son côté, la direction du groupe sidérurgique ArcelorMittal "insiste sur le bien-fondé industriel et économique de son projet" face aux surcapacités en Europe, dans un communiqué publié à l'issue du Comité central d'entreprise.

Elle rappelle son engagement à investir 180 millions d'euros pour le site de Florange et indique qu'"une première vague d'investissements de 55 millions d'euros est déjà en cours de lancement, notamment pour assurer la pérennité de la cokerie".

Mais l’arrêt des hauts fourneaux laisse surtout l’image d’un rendez-vous manqué entre François Hollande et la classe ouvrière. On se souvient notamment du candidat socialiste debout sur camionnette (notre photo) accompagné d’Edouard Martin, le charismatique leader de la CFDT locale, haranguant les salariés de Florange.

Depuis, les temps ont bien changé. Sur les 629 personnes concernées par l'arrêt des hauts fourneaux, 206 personnes sont déjà parties en retraite. 301 ont été détachées sur d'autres activités. Restent 122 salariés toujours affectés à la phase liquide pour lesquels des négociations vont s'ouvrir avec les représentants du personnel.

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Yann Duvert