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CGT: vers un retour des "durs"?

Philippe Martinez (à gauche) est pressenti pour succéder à Thierry Lepaon.

Philippe Martinez (à gauche) est pressenti pour succéder à Thierry Lepaon. - Lionel Bonaventure - AFP

Le nouveau bureau confédéral, approuvé jeudi par la commission exécutive de la centrale, laisse une place significative aux partisans d’une ligne radicale. Philippe Martinez, lui, semble en pole position pour succéder à Thierry Lepaon.

La succession de Thierry Lepaon à la tête de la CGT s’organise. Ce jeudi, la commission exécutive (CE) de l’organisation syndicale a approuvé le nouveau bureau confédéral, composé de 10 membres (5 hommes et 5 femmes). Et même si cette décision doit encore être entérinée mardi par le "parlement" de la centrale, elle semble faire une large place aux partisans d’une ligne radicale.

Sur les neuf noms proposés par Philippe Martinez, pressenti pour remplacer Thierry Lepaon, cinq viennent ainsi du canal historique proche du Parti communiste ou de l'extrême gauche, décrypte un membre de la CE à l’agence Reuters. "Ce sont des gens qui défendent l'idée qu'il faut conjuguer toutes les forces et appeler systématiquement à toutes les manifs avec le Front de gauche pour lutter contre la politique actuelle", explique-t-il.

Il s'agit, précise ce dirigeant de fédération, de Gisèle Vidallet, Céline Verzeletti, Pascal Joly, Fabrice Angeli et, dans une moindre mesure, de Denis Lalys, les uns et les autres issus d'organisations du secteur public. "Tous ces gens-là réclamaient la démission de Thierry Lepaon qui était beaucoup trop réformiste à leurs yeux", ajoute-t-il.

Martinez fait figure de modéré

A côté d'eux, Philippe Martinez, le dixième nom de la liste, fait figure de modéré, même s'il a la réputation d'être proche du PC et de la CGT "canal historique". Et ce alors que ses méthodes sont contestées en interne - certains n’hésitant pas à qualifier son accession au sommet de "putsh". Ce qui ne l’a pas empêché de représenter la CGT aux voeux du président de la République, ou d’être en première ligne lundi dans une manifestation contre la loi Macron et jeudi lors d'une mobilisation des cheminots.

Les quatre derniers membres pressentis du bureau confédéral sont réputés proches de la ligne que défendait le prédécesseur de Thierry Lepaon, Bernard Thibault, qui a tenté de faire de la CGT un acteur clef des négociations sociales, ou du secrétaire général démissionnaire. Un nom en particulier risque de faire polémique, celui de Colette Duynslaeger (numéro un de La Poste) comme administratrice-trésorière. Elle était déjà proposée à ce poste sensible dans la précédente liste, qui avait été retoquée.

La réunion du "parlement" mardi pourrait donc donner lieu à des débats houleux, mais d’après un autre membre de la commission exécutive, "on s'achemine vers la solution Martinez parce que tout le monde à la CGT a peur du vide". Au moins jusqu'au printemps 2016, date du prochain congrès de la confédération.

Y.D. avec agences