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CGT: Philippe Martinez invité à constituer une nouvelle équipe

Philippe Martinez ne succèdera pas à Thierry Lepaon comme secrétaire général de la CGT.

Philippe Martinez ne succèdera pas à Thierry Lepaon comme secrétaire général de la CGT. - YouTube

Le Parlement de la CGT, qui désigne les dirigeants de la centrale syndicale, ont rejeté ce mardi la candidature de Philippe Martinez, l'actuel patron de la Fédération de la métallurgie, poulain de Thierry Lepaon.

Le candidat de Thierry Lepaon a été torpillé. Le Comité confédéral national, ce "Parlement de la CGT" qui se réunissait ce 13 janvier pour désigner le nouveau dirigeant de la centrale syndicale a rejeté sa candidature.

Il a rejeté l'équipe de direction dont Philippe Martinez devait prendre la tête, mais a demandé à ce dernier d'en présenter une nouvelle d'ici à février. Cet ancien de Renault a accepté de soumettre une nouvelle liste avant la prochaine réunion du comité confédéral, prévue pour les 3 et 4 février. 

Le numéro un de la fédération de la métallurgie et l'équipe de neuf autres membres qu'il présentait n'ont pas obtenu les deux tiers de mandats nécessaires (57% pour, 41% contre 1,5% d'abstention). Parmi ces dix membres figuraient en effet de nombreux proches de Thierry Lepaon, contraint à la démission mercredi dernier après les révélations sur son train de vie. 

La méthode a déplu

Cette liste de candidats pour remplacer les 10 membres démissionnaires du bureau confédéral, le "gouvernement" de la CGT avait été proposée par un groupe de travail piloté par Thierry Lepaon. Trois de ses cinq membres étaient considérés comme ses proches. La méthode a fortement déplu aux détracteurs du secrétaire général démissionnaire, qui dénoncent une manœuvre illégitime. 

Ce vote de ce fait donc loin d'être acquis. Philippe Martinez, ancien de chez Renault Boulogne-Billancourt, manquait de soutiens. Il avait certes l'aval de sa fédération, mais celles des services publics et de la Santé, première et deuxième plus importantes de la CGT, ont fait savoir qu'elles voteraient contre lui. 

Le Parlement de la CGT avait plusieurs fois fait preuve d'indocilité dans le passé. Composé des responsables des 33 fédérations et des 96 unions départementales, il a déjà mis en échec les numéros un de la centrale syndicale. Le prédécesseur de Thierry Lepaon, Bernard Thibault n'était par exemple pas parvenu à imposer Nadine Prigent, refusée par la CCN, en mai 2012.

N.G.