BFM Business
Emploi

Ces entreprises britanniques qui offrent des primes alléchantes pour attirer de nouvelles recrues

Des passants traversant le London Bridge à Londres le 19 juillet 2021.

Des passants traversant le London Bridge à Londres le 19 juillet 2021. - Tolga Akmen

Face à la pénurie de main-d'oeuvre qui frappe le Royaume-Uni, certains employeurs offrent une "prime de bienvenue" à leurs recrues allant parfois jusqu'à 10.000 livres.

Au Royaume-Uni, la tendance est aux "golden hellos". Comprendre "primes de bienvenue" en français. Confrontées à une pénurie de main-d’œuvre préoccupante, de nombreuses entreprises britanniques n’ont d’autre choix que d’offrir des bonus alléchants pour attirer de nouvelles recrues, rapporte le Guardian.

Au total, 1,1 million d’emplois seraient vacants outre-Manche. En particulier dans les secteurs de la restauration, de la petite enfance ou des soins. Directement concernée, l’entreprise HC One qui gère des maisons de retraite a décidé d’offrir une "prime de bienvenue" de 10.000 livres (11.700 euros) à ceux qui accepteraient d’occuper deux postes d’infirmières de nuit en Ecosse.

De leur côté, les fournisseurs privés de services de santé mentale Elysium Healthcare et Priory Group prévoient une prime de 5000 livres pour leurs nouveaux employés. Chez les enseignes de supermarchés Asda et Tesco, le bonus est de 1000 livres. Le groupe laitier Arla offre quant à lui 2000 livres.

Si certains employeurs ont répercuté la hausse des coûts salariaux sur les prix, la plupart ont pour l’instant absorbé ces coûts supplémentaires en réduisant leurs marges, ce qui a permis de limiter l’augmentation de l’inflation à 2,5% en juin outre-Manche. Pour autant, la Banque d’Angleterre devrait tenir compte de la pénurie de main-d’œuvre dans sa prochaine prévision d’inflation qui devrait s'établir à 3,5%, contre 3% initialement prévus.

"Pingdemic" et Brexit

Deux événements permettent d’expliquer la pénurie de main-d’œuvre qui frappe le Royaume-Uni. L’épidémie de Covid-19 d’abord avec ce que les Britanniques appellent le "pingdemic". Ce terme désigne l’explosion des notifications envoyées par l’application "NHS Test and Trace" -l’équivalent de notre "Tous Anti Covid"- pour signaler un contact avec un cas de Covid-19 pendant plus de 15 minutes.

Chaque personne qui reçoit une notification est contrainte de s’isoler pendant dix jours. Or, c’était le cas de 2 millions de Britanniques fin juillet. Résultat, nombreuses usines et entreprises doivent fermer ou se réorganiser, alors que certains de leurs salariés sont placés en congés forcés. Et difficile de les remplacer, les demandeurs d’emploi cas contact étant tout autant concernés par l’obligation d’isolement.

A cela s’ajoute le Brexit. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a entraîné le départ de certains expatriés qui ne sont pas parvenus à prolonger leurs visas de travail tandis que les ressortissants européens éprouvent plus de difficultés à s’installer outre-Manche.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco