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Budget : le gouvernement renforce la prime à la casse

Le gouvernement renforce la prime à la casse

Le gouvernement renforce la prime à la casse - RONALDO SCHEMIDT / AFP

L’envolée des prix à la pompe inquiète sérieusement les députés de la majorité. Pour répondre à la grogne des automobilistes, et envoyer un signal à sa majorité, le gouvernement a annoncé hier soir un renforcement de la prime à la casse…

Cette prime à la conversion, en vigueur depuis le 1er janvier, est actuellement de 1 000 euros pour ceux qui sont imposés sur le revenu et 2 000 euros pour ceux qui ne sont pas imposés. Elle est versée à ceux qui décident de changer leur vieille voiture pour en acquérir une moins polluante. Si le gouvernement s’appuie sur cette mesure, c’est qu’elle marche bien mieux que prévu. L’objectif qu’il s’était donné sur le quinquennat a été atteint sur cette seule année 2018 durant laquelle 250 000 automobilistes auront bénéficié de cette prime.

La prime à la casse vise la cible idéale

Mais surtout ce qui intéresse le gouvernement c’est le profil de ceux qui ont décidé de changer de voiture et d’avoir la prime : 95% habitent hors de l’Île-de-France, et 70% ne sont pas imposés sur le revenu.

Il s’agit donc de personnes aux revenus limités et qui vivent en zone périurbaine ou rurale. Bref, ceux pour qui l’augmentation du prix à la pompe est le plus contraignant. François de Rugy hier soir a donc annoncé aux députés qu’il allait renforcer cette prime. Elle sera notamment de 2 500 euros pour les ménages non imposables qui décident d’acheter une voiture électrique d’occasion ou un hybride rechargeable d’occasion. Le gouvernement espère ainsi répondre aux inquiétudes de la majorité qui sur le terrain constate un une grogne de plus en plus forte autour de la fiscalité écologique et de son impact sur les prix à la pompe.

Une fois de plus, la limite est budgétaire

Après, la limite, une fois de plus, est budgétaire. Avec un déficit proche des 3% du PIB EN 2019 (2,8%) et très peu d’économies en vue, Bercy n’a pas beaucoup de marges de manœuvres pour agir. Bercy met sur la table 180 millions d’euros pour renforcer cette prime. Ça reste une goutte d’eau par rapport au poids de la fiscalité écologique … Attaqué sur le sujet hier soir par l’opposition, Bruno Le Maire a dit préférer taxer la pollution au logement, faisant référence à la suppression progressive de la taxe d’habitation censée soulager les ménages …