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Bricorama condamné à rester fermé le dimanche

La justice ordonne à Bricorama de cesser d'ouvrir le dimanche, à moins d'obtenir une dérogation

La justice ordonne à Bricorama de cesser d'ouvrir le dimanche, à moins d'obtenir une dérogation - -

La Cour d’appel de Versailles a rendu son avis ce 31 octobre: le magasin de bricolage n’a pas le droit d’ouvrir le dimanche, à moins d’obtenir une dérogation qui l’y autoriserait. Une décision lourde de conséquences pour le groupe.

Deuxième déconvenue pour Bricorama. L'enseigne de bricolage avait déjà été condamnée en première instance à payer 20 millions d'euros à Force ouvrière pour ouverture dominicale illégale. En appel, la justice a confirmé le premier jugement: seule une dérogation pourrait autoriser les magasins de la marque à ouvrir le dimanche.

Bricorama, qui réalise 15% de son chiffre d’affaires ce jour-là, crie à l'injustice. Le groupe, qui emploie 2614 salariés dont 300 qui travaillent le dimanche, menaçait d’ailleurs de supprimer 500 postes en France si la condamnation était confirmée. Il compte aussi attaquer en justice ses concurrents qui restent ouvert ce jour normalement chômé. Au total, la menace sur l'emploi pourrait coûter 5000 postes dans le secteur.

Une législation incohérente

L’enseigne argue que la législation sur le travail dominical est pour le moins incohérente. En effet, vous pouvez choisir votre canapé ou vos plantes d'intérieur le deuxième jour du week-end, mais si votre perceuse vous lâche, il faudra attendre le lendemain pour vous en acheter une autre. Car le bricolage, pourtant troisième loisir des Français, est exclu de la tolérance qui prévaut pour l'ameublement ou le jardinage.

A deux exceptions près: les zones touristiques et thermales et les PUCE, Périmètres urbains de consommation exceptionnelle. Des zones spéciales, situées dans des villes de plus d'un millions d'habitants. Elles sont sous le contrôle des préfets, qui peuvent autoriser ou pas l’ouverture dominicale. Leroy Merlin ou Castorama y ont implanté plusieurs de leurs magasins, mais pas Bricorama, qui préfère rester au cœur des villes.

Le Conseil du commerce de France, lui, propose un consensus: que les commerçants puissent ouvrir librement dix à douze dimanches par an, même lorsqu'ils sont situés hors zone touristique. François Hollande avait promis d'engager des négociations sur la question, lors des états généraux du commerce l'an dernier. Mais la nouvelle majorité n'a pour l'instant pas rouvert le dossier.

Delphine Liou