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Auto-entrepreneur: Sylvia Pinel veut créer des entreprises pérennes

La ministre de l'Artisanat, Sylvia Pinel, a défendu les réformes du statut d'auto-entrepreneur sur BFM Business.

La ministre de l'Artisanat, Sylvia Pinel, a défendu les réformes du statut d'auto-entrepreneur sur BFM Business. - -

Le gouvernement envisage de limiter à deux ans le statut d’auto-entrepreneur dans le cadre d’une activité principale. Un projet qui fait vivement débat mais qu’a défendu la ministre de l’Artisanat sur BFM Business ce mercredi 29 mai.

"L’objectif du gouvernement c’est de créer des entreprises qui souhaitent se développer". Le message de Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, est sans détour. Interrogée dans l’émission Good Morning Business, ce mercredi 29 mai, elle a défendu la très controversée réforme du statut d’auto-entrepreneur.

Le gouvernement présentera, à la rentrée, une série de mesures pour encadrer ce régime, qui concerne près de 900.000 personnes. Parmi les propositions, on retrouve la limitation à deux ans de ce statut dans le cadre d’une activité principale. Les auto-entrepreneurs dont le revenu n’est que complémentaire pourront, eux, poursuivre leur activité.

Parmi les personnes concernées, Claudia Jarocki, 35 ans, est auto-entrepreneur depuis quatre ans à Luynes, près de Tours. Pour elle, impossible de créer une entreprise classique: "Si je devais passer sous un autre statut, je pourrais à peine payer mes charges avec mon chiffre d’affaires".

Si la réforme est validée, elle risque donc de devoir mettre la clé sous la porte. "Concrètement, je me retrouverai avec le RSA, à la charge de la société, alors que j’avais créé mon propre emploi et que j’étais complètement indépendante", déplore-t-elle.

> Favoriser des entreprises pérennes et donc l'embauche

Sur BFM Business, Sylvia Pinel a expliqué ne vouloir "menacer personne", juste "réconcilier les entrepreneurs entre eux". L’objectif du gouvernement, c’est avant tout de développer un tissu d’entreprises solides et qui embauchent, a rappelé la ministre. La limite de deux ans serait suffisante "pour démarrer et être accompagné", selon Sylvia Pinel.

"Il faut accompagner la création d’une entreprise pour lui permettre de se stabiliser, qu’elle ait ou non des salariés (…) et pour cela, nous mettons en place l’accompagnement, avec un certain nombre de points d’étapes pour leur permettre de basculer ensuite vers le régime classique", a-t-elle expliqué.

> Pas de concurrence déloyale

Beaucoup d’auto-entrepreneurs ont l’impression que la ministre a cédé au lobby des artisans. D’après un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), l’éventuelle "distorsion de concurrence" a été largement corrigée en 2013 et "les différences sont résiduelles" concernant les chiffres d’affaires entre artisans et auto-entrepreneurs.

Reste que Sylvia Pinel veut, qu’à terme, ces derniers basculent "dans le régime classique, comme toutes les autres entreprises de notre pays". La ministre a également rappelé que "le gouvernement n’est pas tenu par un rapport d’inspecteur."

> Moins de précarité pour les auto-entrepreneurs

Les auto-entrepreneurs sont, il est vrai, essentiellement des travailleurs précaires. D’après Sylvia Pinel, 90% des auto-entreprises dégagent un chiffre d’affaires inférieur au Smic, et la moitié, soit 450.000 auto-entreprises sur 900.000, ne dégagerait pas de revenus du tout.

"On ne peut pas se réjouir de voir que beaucoup d’entre eux ne valident même pas une année pleine de cotisations sociales, ce qui les pénalisera pour leurs retraites. C’est une question de protection sociale et de lutte contre la précarité", a martelé la ministre de l’Artisanat.

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