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Attentats de Paris: la CGT craint que les syndicats soient muselés

La CGT craint que l'état d'urgence n'ait pour effet de museler les mouvements sociaux.

La CGT craint que l'état d'urgence n'ait pour effet de museler les mouvements sociaux. - Jeff Pachoud - AFP

La centrale s'est inquiétée ce mercredi de la mise en place éventuelle par le gouvernement d'un "état d'urgence permanent" qui aurait pour effet d'empêcher les mouvements sociaux.

La CGT, qui compte maintenir ses actions malgré les attentats, s'est inquiétée mercredi de la révision constitutionnelle annoncée par François Hollande, mettant en garde contre l'instauration d'un "état d'urgence permanent" qui musèlerait les mouvements sociaux.

Le gouvernement a prévu, d'ici à la fin de la semaine, de renforcer l'état d'urgence décrété après les attentats de vendredi et de le prolonger de trois mois, pour se donner le temps, dans l'intervalle, de faire adopter une révision de la Constitution créant un "régime civil d'état de crise".

La CGT, qui dit avoir perdu "plusieurs" adhérents vendredi, "refuse que les salariés et la population française, à travers des modifications de la Constitution, soient placés de fait dans un état d'urgence permanent", écrit son Comité confédéral national (CCN), qui s'est réuni mardi et mercredi. Le "parlement" de la CGT "refuse que l'expression revendicative et le mouvement social soient muselés".

Pas de trêve pour l'action syndicale

La centrale de Philippe Martinez compte d'ailleurs maintenir, "après le temps du recueillement, les rendez-vous revendicatifs et mobilisations programmés" en "travaillant des modalités permettant d'assurer la sécurité des salariés". "Pas plus qu'il n'y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n'y aura de trêve dans l'action syndicale pour le progrès social", assure-t-elle.

La CGT appelle toujours à une "journée nationale d'action" le 2 décembre, en marge du passage en correctionnelle de cinq salariés d'Air France, accusés de violences lors du CCE de la compagnie le 5 octobre.

Le syndicat estime, en outre, que "ce n'est pas une quelconque modification de la Constitution qui permettra de tarir les sources de financement et d'armement des terroristes" et "exige l'arrêt de tout commerce d'armes avec les Etats qui entretiennent des liens avec les terroristes".

N.G. avec AFP