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Assurance chômage: le Medef prêt à augmenter les cotisations patronales

À la veille de la dernière séance de négociations avec les syndicats sur l'assurance chômage, le Medef s'est dit prêt à augmenter la cotisation chômage des employeurs. En contrepartie, il espère la suppression de la surtaxation des CDD de moins d'un mois.

Le conseil exécutif du Medef a donné ce lundi son aval pour proposer lors de l'ultime séance de négociation sur l'assurance chômage mardi d'augmenter la cotisation chômage des employeurs de 0,05 point, a-t-on appris auprès de l'organisation patronale, confirmant une information du Figaro.

En contrepartie, le Medef demande la suppression de la surtaxation des CDD de moins d'un mois (sauf CDD d'usage) décidée en 2013 et la baisse de 0,05 point de la cotisation des entreprises à l'AGS, le régime de garantie des salaires, ce qui ramènerait 270 millions d'euros par an. 

Pas d'augmentation du coût du travail 

"On essaye de trouver une solution qui permette de continuer la baisse du coût du travail qui est absolument fondamentale", a-t-on déclaré. "L'idée c'est d'avoir quelque chose de stable, qu'il n'y ait pas de hausse du coût du travail et qu'on puisse sortir de la logique mortifère où on dit que le problème ce sont les contrats courts". "Tout cela sera conditionné à la participation de l'État aux efforts", a-t-on insisté. L'organisation patronale va demander à l'État de "prendre ses responsabilités sur tout ce qui concerne les frontaliers, les intermittents" et "reprenne à sa charge ce qui dépend de ses décisions".

Cette ouverture est censée ouvrir la voie à un accord entre patronat et syndicats sur les nouvelles règles du régime d'indemnisation des chômeurs, qui perd environ 4 milliards d'euros par an et affiche une dette de 30 milliards d'euros. Les précédentes négociations de juin 2016 avaient échoué, la principale organisation patronale ayant fait d'une hausse du coût du travail une ligne rouge.

Outre l'avenir du régime, c'est aussi la crédibilité du paritarisme qui est en jeu, à un mois de la présidentielle. Le candidat d'En Marche! Emmanuel Macron dit vouloir reprendre en main le pilotage du régime, et François Fillon, candidat de LR, menace que l'État impose ses propres règles si les négociations n'aboutissent pas à suffisamment d'économies. Faute d'accord, les règles de l'actuelle convention, que le gouvernement avait prolongées l'été dernier, continueront de s'appliquer. Et s'il y a accord, les équipes d'Emmanuel Macron et de François Fillon ont prévenu qu'elles ne l'agréeraient pas forcément.

P.L avec AFP