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Assurance-chômage: la CFDT veut négocier pour défendre "la base assurantielle" du régime

"La CFDT entrera dans la négociation même si elle n'était pas demandeuse de l'ouverture d'une négociation sur l'assurance-chômage", a expliqué Laurent Berger.

"La CFDT entrera dans la négociation même si elle n'était pas demandeuse de l'ouverture d'une négociation sur l'assurance-chômage", a expliqué Laurent Berger. - BERTRAND GUAY / AFP

Le patron de la CFDT, Laurent Berger, estime que le régime doit garder "une base assurantielle" et ne doit pas devenir "une allocation d'État".

La CFDT "entrera" dans la négociation sur l'assurance chômage que l'exécutif souhaite rouvrir, a indiqué lundi son secrétaire général Laurent Berger dans un entretien au quotidien l'Opinion.

"La CFDT entrera dans la négociation même si elle n'était pas demandeuse de l'ouverture d'une négociation sur l'assurance-chômage", a expliqué Laurent Berger à la veille d'une rencontre entre les partenaires sociaux et le président Emmanuel Macron. 

"Je pense qu'il vaut mieux négocier car je suis convaincu qu'il vaut mieux que le régime garde une base assurantielle plutôt qu'il relève d'une allocation d'État. Maintenant je le répète, tout dépendra de la lettre de cadrage", a-t-il dit.

Le syndicaliste favorable à une "phase de diagnostic"

La loi "avenir professionnel" actuellement examinée par le Parlement réforme notamment l'assurance chômage et prévoit désormais que l'État donne une lettre de cadrage pour une négociation sur les règles de l'assurance chômage.

Lors de son discours aux parlementaires réunis en Congrès, le président de la République a demandé aux partenaires sociaux de plancher de nouveau sur l'assurance-chômage. Laurent Berger avait déjà prévenu qu'il ne voulait pas négocier si c'était pour "rogner sur les droits".

"Je suis favorable à une phase de diagnostic de quelques semaines, préalable aux discussions en septembre sur la façon de faire évoluer le système", a-t-il prôné dans l'Opinion.

"À tout vouloir faire tout seul, on est moins efficace"

Interrogé sur la rencontre programmée mardi avec le chef de l'État, Laurent Berger a répondu: "C'est une bonne nouvelle. On ne peut pas avoir dit toute l'année que l'on n'est pas assez écoutés, et ne pas être satisfaits lorsque l'on nous propose une rencontre".

S'agissant des ordonnances réformant le droit du travail, Laurent Berger estime que "le bilan des conseils sociaux et économiques (CSE) est très en-dessous de la volonté affichée de développer le dialogue social". Les CSE fusionnent les anciennes instances représentatives du personnel (CE, CHSCT, délégués du personnel).

"C'est bien la démonstration que quand on n'entraîne pas assez les acteurs avec soi, rien ne se fait. Ce risque existe aussi pour l'apprentissage et la formation... Le résultat, c'est qu'à tout vouloir faire tout seul, on est moins efficace", a-t-il prévenu.

J.-C.C. avec AFP