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Affaire Lepaon: la CGT va réunir son parlement

Thierry Lepaon pourrait avoir rendez-vous le 13 janvier prochain avec le Parlement de la CGT.

Thierry Lepaon pourrait avoir rendez-vous le 13 janvier prochain avec le Parlement de la CGT. - Nicolas Tucat - AFP

La commission exécutive de la CGT a décidé ce mardi 9 décembre de convoquer son parlement, seul organe ayant le pouvoir de destituer Thierry Lepaon. La réunion sera tenue le 13 janvier prochain.

Thierry Lepaon est toujours le leader de la CGT, ce mardi 9 décembre. Mais son avenir à la tête de la confédération s'écrit de plus en plus avec un point d'interrogation.

Ainsi, la commission exécutive de la CGT, un bureau de direction comptant 56 membres, aurait décidé de convoquer le 13 janvier prochain le comité confédéral national (CCN), le parlement du syndicat. Or, cet organe est le seul qui a le pouvoir de destituer Thierry Lepaon.

Le leader syndical aurait lui-même pris la décision de convoquer le CCN, indique Libération.fr qui explique que Thierry Lepaon a préféré prendre cette initiative "pour ne pas prendre le risque d'être mis en minorité" par les membres de la commission exécutive.

Pour préparer l'ordre du jour de cette réunion du CCN, une "Assemblée générale" aura lieu lundi prochain au siège de la centrale à Montreuil. La question sera de savoir si le départ de Thierry Lepaon est clairement mentionné. 

Eric Lafont, première victime

La crise qui secoue actuellement le syndicat a fait une première victime ce mardi en la personne d'Eric Lafont, l'administrateur-trésorier de la CGT, qui a présente sa démission.

Ce dernier avait validé les dépenses coûteuses dans l'appartement de fonction (105.000 euros) et dans le bureau (62.000 euros) de Thierry Lepaon.

Ces informations, révélées par Le Canard enchaîné, avaient été à l'origine de cette crise qui a atteint au plus haut la CGT. Thierry Lepaon avait reconnu "une faute" qu'il avait toutefois mise sur le compte d'Eric Lafont. De sources internes, ce dernier aurait très mal vécu sa stigmatisation.

Le mal avait toutefois été encore attisé par les révélations sur l'indemnité de départ de Thierry Lepaon, qui en quittant la CGT Normandie, avait perçu 31.000 euros. Une pratique dénoncée par les militants alors que selon Marianne, il s'agirait d'une pratique courante au sein du syndicat.

Une âpre bataille au sein de la CGT

Dans tous les cas, la CGT entre dans une nouvelle phase de tourmente: une âpre bataille politique devrait se poursuivre pendant un mois entre les opposants au secrétaire général, qui le jugent désormais disqualifié pour diriger le premier syndicat français, et ses soutiens qui mettent en garde contre le risque d'une nouvelle crise interne.

"La base est exaspérée, mais l'appareil reste prudent", relève auprès de l'AFP Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail. "A ce jour, ouvrir la succession de Lepaon c'est ouvrir un débat qui ressemble à une crise, ce ne sera pas un débat serein", estime-t-il.

Julien Marion avec AFP