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2012, une année catastrophique pour l’emploi, confirme une étude

L'enquête remarque que beaucoup d'entreprises ont attendu la présidentielle pour licencier.

L'enquête remarque que beaucoup d'entreprises ont attendu la présidentielle pour licencier. - -

Selon une étude du cabinet FIE, 2012 a été une année dévastatrice pour l’emploi : 65 000 emplois ont été créés, et 100 000 détruits. Certaines régions arrivent à tirer leur épingle du jeu, comme le Nord, ainsi que les secteurs de l’environnement.

2012 a été une année noire pour l'emploi en France. Une étude des cabinets FIE et Kurt Salmon très fournie a répertorié les emplois créés et supprimés, dans les entreprises de plus de 10 salariés, secteur par secteur et région par région. Bilan : 100 000 suppressions d'emplois en 2012, contre seulement 65 000 créations. C'est la première fois depuis 3 ans que le solde est négatif, et les suppressions brutes d'emplois ont triplé en un an.

Les services les plus touchés

Les emplois dans les services sont les plus concernés (+357% de licenciements en un an). Le transport, la logistique, même les services à la personne, la banque ou l'assurance ont dégraissé l'année dernière. Pour les auteurs du rapport, c’est parce que beaucoup d'entreprises ont attendu l'après présidentielle pour pouvoir faire leur plan social en toute tranquillité. La tendance s'observe aussi dans l'industrie.

« Un gisement d'emplois verts »

Au cœur du marasme, il reste malgré tout quelques bonnes nouvelles et certains secteurs décollent : les emplois verts, la santé ou encore l'action sociale. Même dans l’industrie, des domaines restent préservés : la construction de bateaux, par exemple, a créé 5 000 emplois l'année dernière.
« Les secteurs qui surnagent, comme les éco industries, sont toutes les activités qui vont du photovoltaïque au traitement des déchets très élaborés, avec reconversion, retraitement et récupération de l’énergie, ce qui permet la sauvegarde de l’environnement tout en créant de la richesse et de la valeur ajoutée », explique Michel Ghetti, le président de FIE, l'auteur de l'étude. « Il est clair qu’il y a là un gisement d’emplois, les emplois verts ou la transition écologique comme disent certains politiques. C’est un gisement d’emplois extrêmement important ».

« L’élément le plus attractif d’un territoire est sa main d’œuvre »

Certaines régions, aussi, arrivent à tirer leur épingle du jeu : le Nord et l'Ouest de la France continuent à créer des emplois. Pour le Nord, les raisons sont simples à comprendre, pour Michel Ghetti. « C’est un positionnement géostratégique, vous êtes très proche de la Belgique, de l’Allemagne. L’exemple de Toyota est une implantation pensée géostratégiquement, à Valenciennes, dans un barycentre géographique intéressant, avec une main d’œuvre qualifiée, rompue au travail en équipe et aux méthodes industrielles. Il ne faut jamais oublier que l’élément le plus attractif d’un territoire est sa main d’œuvre, et la nôtre est qualifiée ».

Mathias Chaillot avec Matthieu Moulin