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VTC, vélos, trottinettes, covoiturage... Les prix vont-ils flamber avec la grève?

La circulation dans Paris en décembre 2019 lors des grèves contre la réforme des retraites.

La circulation dans Paris en décembre 2019 lors des grèves contre la réforme des retraites. - AFP

Si les prix des VTC devraient fortement augmenter ce jeudi, ce n'est pas le cas des moyens de transports alternatifs qui n'ont pas de tarification dynamique.

Le "jeudi noir" dans les transports attendu ce 19 janvier va-t-il entraîner une explosion de la demande pour des moyens alternatifs? A la veille de grand mouvement social, les différentes plateformes sont dans le flou.

"C'est difficule à évaluer, reconnaît-on du côté d'Uber. Il peut y avoir des grèves où personne ne sort de chez soi et où il n'y a pas une forte hausse de la demande. D'autant qu'il y a un changement des modes de travail depuis le Covid avec le télétravail."

Le leader des VTC en France - qui est présent dans 26 métropoles en France - s'attend à une hausse de la demande mais pas à un raz-de-marée. C'est ce que la filiale française de l'américain avait constaté en 2019 lors des premiers jours de mobilisation pour la grève sur la réforme des retraites.

Concernant les tarifs des courses en revanche, les prix devraient logiquement grimper ce jeudi. Si les plateformes jointes par BFM Business refusent de le confirmer, les prix peuvent être jusqu'à 50% plus élevés les jours de forte mobilisation même si la demande de VTC n'explose pas.

Inciter les chauffeurs de VTC à rouler

Cela peut paraître paradoxal mais le principe de la tarification dynamique a pour but d'inciter les chauffeurs de VTC et les taxis à prendre la route ce jour-là.

"Sur un jour de grève, les chauffeurs sont beaucoup moins nombreux à sortir à cause des conditions dégradées de circulation, explique une plateforme de VTC. Il faut les inciter à prendre la route pour satisfaire la demande, c'est ce qui explique les hausses de tarif. Elles sont de l'ordre de 10 à 20% lors d'un gros événement comme un match de foot, mais ça peut monter à 50% les jours de grosse grève."

Si les travailleurs ne devraient pas a priori se rabattre massivement sur les VTC, les moyens de transports alternatifs devraient eux être fortement sollicités.

A commencer par le covoiturage. Du côté de BlaBlaCar Daily, l'application française dédiée aux transports du quotidien, on s'attend à une hausse de 50% des trajets proposés par les conducteurs sur la plateforme qui compte 3 millions d'utilisateurs.

"Avec les risques de perturbations de grande ampleur qui pèsent sur les transports en commun, nous nous attendons à une forte mobilisation de la part de notre communauté pour s’entraider, aussi bien du côté des conducteurs que des passagers", assure Adrien Tahon, le directeur France de BlaBlaCar.

D'autant que les jours de grève, ces services peuvent être gratuits pour les usagers habituels des transports. Île-de-France Mobilités (IDFM) qui gère les transports publics en région parisienne a noué un partenariat avec les trois grandes plateformes de trajets domicile/travail que sont Blablacar Daily, Karos et Klaxit. En utilisant ces plateformes, l'usager n'a qu'à entrer son pass navigo et il ne déboursera pas un centime pour son trajet. Le conducteur sera rémunéré par la plateforme, elle même subventionnée par IDFM.

+127% pour les vélos et trottinettes Lime

Reste enfin la solution des mobilités douces comme le vélo ou la trotinette. Les plateformes s'attendent à une très forte hausse de la demande ce jeudi.

"Lors de la grève des transports en octobre, nous avons enregistré notre plus forte journée historique avec +127% de trajets, assure-t-on du côté de la plateforme Lime. Les deux tiers concernaient des trajets domicile/travail."

Lime - qui est présent en Ile-de-France ainsi qu'à Marseille et au Havre avec ses 8000 vélos et 7500 trottinettes - rappelle qu'à la différence des VTC, la tarification des locations n'est pas dynamique. Autrement dit, votre vélo ne vous coûtera pas plus cher les jours de grève.

Si toutefois vous réussissez à en trouver un. Car ces journées sont un défi pour les équipes de ces plateformes.

"En interne on adapte l'organisation des équipes pour rendre la flotte disponible, indique-t-on chez Lime. Il faut charger les batteries, repositionner les véhicules de façon homogène. C'est une centaine de personnes qui sont mobilisées ce jour-là qui vont parcourir la ville."

Location de voiture: les prix restent stables à Paris

Malgré les perturbations annoncées, les prix des locations de voitures à Paris ne semblent pas flamber selon le spécialiste Carigami.fr.

Un véhicule récupéré dans une des gares parisiennes, coûte 64 euros en moyenne pour la journée, peut-on lire dans un communiqué. On note néanmoins quelques disparités selon les arrondissements.

Une location pour une journée dans le 17e arrondissement est ainsi de 50 euros en moyenne contre 82 euros dans le 12e arrondissement.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco