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VIDEO - Que reproche le fisc à Gilles Carrez?

Gilles Carrez, président de la commission des Finances à l'Assemblée, était rapporteur du Budget sous Nicolas Sarkozy.

Gilles Carrez, président de la commission des Finances à l'Assemblée, était rapporteur du Budget sous Nicolas Sarkozy. - JACQUES DEMARTHON - AFP

Le député UMP, président de la Commission des finances à l'Assemblée, fait partie de la soixantaine de parlementaires en délicatesse avec le fisc. Il lui est reproché de ne pas s'être acquitté de l'ISF.

Un comble pour l'expert budgétaire de l'UMP: Gilles Carrez, le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, risque un contrôle, et même un redressement fiscal. En cause : le non-paiement de l'impôt sur la fortune. Comme une soixantaine d'autres élus, il est dans le viseur du fisc. 

A lui, il est reproché de ne plus avoir réglé l'impôt sur la fortune depuis 2011. Il plaide sa bonne foi et évoque une "différence d'interprétation" avec le collecteur de l'impôt. A entendre les fiscalistes, Gilles Carrez a fait pour le moins preuve d’une grosse négligence. "C'est quand même le B.A.BA de l’ISF", souligne l’un d’eux.

Une "ficelle un peu grosse"

Concrètement, lorsqu'il a estimé sa résidence principale, Gilles Carrez s'est octroyé un abattement de 30%. Or il n'y avait pas droit, puisque celle-ci est détenue à travers une société civile immobilière. Conséquence: il ne paie plus l’ISF depuis 2011. Pourtant s'il avait compté 100% de la valeur de cette résidence, son patrimoine aurait dépassé les 1,3 million d'euros, un montant au-delà duquel tout contribuable est redevable de l'ISF.

"La complexité de la loi fiscale"

Le député plaide la bonne foi: cette maison abrite aussi la pharmacie de sa femme, un bien professionnel qui échappe à l’Impôt sur la fortune. Les experts fiscalistes trouvent la ficelle un peu grosse. "Le président de la commission des finances se croyait peut-être à l’abri", suppose-t-on.

Un autre lui trouve des excuses. "Le code général des impôts n’est plus compris que par quelques milliers de professionnels". Sauf qu’en tant qu’ancien rapporteur général du budget, Gilles Carrez aurait sans doute dû en faire partie.

D'après le site Mediapart, qui a révélé l'information, le député "est convoqué dans une dizaine de jours par l'administration fiscale du Val-de-Marne en vue d'un éventuel redressement fiscal". Interrogé sur BFMTV dimanche, Gilles Carrez a estimé que cette situation, qu'il regrettait, permettait néanmoins "de voir la complexité et les difficultés qu'ont nos concitoyens par rapport à l'application de la loi fiscale".

Maud Aigrain avec BFMbusiness.com