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Zone euro: la croissance progresse au 1er trimestre

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- - Daniel Roland - AFP

La zone euro a enregistré une croissance de 0,4% au premier trimestre, selon les estimations d'Eurostat qui souligne le niveau exceptionnellement bas du chômage. Avec 0,3% de croissance au premier trimestre, la France s'en sort relativement bien par rapport à ses voisins.

L'économie de la zone euro a commencé 2019 sur une note positive, avec une accélération de la croissance au premier trimestre et une baisse du chômage en mars, selon des chiffres publiés ce mardi.

Dans un contexte de tensions commerciales, alimentées par les menaces protectionnistes américaines et les incertitudes persistantes sur le Brexit, les chiffres de l'Office européen des statistiques, Eurostat, sont bien meilleurs qu'escomptés. Ainsi, selon une estimation provisoire, le Produit intérieur brut (PIB) des 19 pays ayant adopté la monnaie unique a crû de 0,4% sur les trois premiers mois de l'année, contre 0,2% au dernier trimestre 2018. Il dépasse les attentes des analystes interrogés par le service financier de Factset, qui tablaient sur une hausse de 0,3%. 

Le chômage au plus bas depuis 2008

Seconde bonne surprise: le chômage en mars a baissé à 7,7% (contre 7,8% en février), alors que les analystes attendaient une stagnation (7,8%). C'est d'ailleurs le plus faible taux enregistré dans la zone euro depuis septembre 2008. Il se rapproche du taux moyen d'avant la crise financière de 2007-2008, où il s'établissait à 7,5%.

"Les craintes d'une récession de la zone euro étaient certainement prématurées", a commenté Peter Vanden Houte, chef économiste d'ING, après la publication de ces chiffres. "La baisse du chômage et la hausse progressive des salaires soutiennent la consommation des ménages, alors que les conditions d'octroi de crédit restent faciles", a ajouté cet expert.

La France s'en sort bien 

Ces dernières semaines, le sentiment qui prévalait sur l'économie de la zone euro était plutôt négatif. Ainsi, le 9 avril, le FMI avait nettement abaissé ses prévisions de croissance pour la zone euro, tablant sur une hausse du PIB de 1,3% en 2019, après 1,8% l'an dernier. Dans son pronostic de janvier, les économiste du FMI attendait une décélération plus limitée, à 1,6%.

"Les données déjà publiées mardi montrent que la croissance au premier trimestre a légèrement augmenté en Espagne, passant de 0,6% à 0,7%, est restée inchangée en France et en Autriche à 0,3% et a ralenti à 0,2% en Belgique", a constaté Jack Allen, analyste chez Capital Economics.

Quant à l'Italie, troisième économie de la zone euro, juste après la France, elle est sortie de la récession au premier trimestre 2019, enregistrant une croissance de 0,2% de son PIB, après un recul de 0,1% aux troisième et quatrième trimestres 2018.

L'Allemagne, moteur économique de la zone mais qui donne de sérieux signes de faiblesse ces derniers temps, ne doit publier son chiffre de croissance du premier trimestre que le 15 mai. Pour l'instant, les analystes de Factset tablent sur une hausse du PIB de 0,3%. De son côté, la Banque d'Angleterre prévoit 0,2% pour la Grande-Bretagne. 

La prudence de mise

Malgré les données encourageantes du premier trimestre, les analystes restent plutôt prudents voire pessimistes pour la suite. "La reprise de la croissance dans la zone euro ne devrait pas se poursuivre", estime ainsi Jack Allen. "Nous pensons toujours que l'économie va croître à un rythme plus modéré au deuxième trimestre", a-t-il ajouté.

Même son de cloche de la part de Peter Vanden Houte, qui craint que la zone euro ait du mal à affronter le choc des tensions commerciales, du Brexit et des prix élevés du pétrole. Il table sur une hausse trimestrielle autour de 0,3% pour le reste de l'année.

Paul Louis avec AFP