BFM Business

Semi-conducteurs: Intel prêt à construire une usine en Europe, contre 8 milliards d'euros de subventions

Le logo d'Intel.

Le logo d'Intel. - KIMIHIRO HOSHINO / AFP

La patron du géant américain des puces cherche un site en Europe, l'Allemagne semble tenir la corde.

La pénurie de semi-conducteurs continue de peser fortement sur la chaîne d'approvisionnement dans plusieurs industries dont l'automobile. Si la perspective d'un retour à la normale est encore floue, les Etats-Unis et l'Europe ont décidé de relocaliser des productions pour ne plus dépendre d'une production provenant à 80% d'Asie.

Le géant Intel est la manoeuvre. Le fondeur américain a annoncé son intention de construire deux nouvelles usines aux Etats-Unis en Arizona pour 20 milliards de dollars alors que le président Biden a promis une enveloppe dédiée de 37 milliards de dollars pour garantir que les États-Unis puissent approvisionner les constructeurs automobiles.

Le patron de groupe, Pat Gelsinger est aujourd'hui en Europe, à Bruxelles, pour évaluer avec le commissaire européen Thierry Breton notamment la possibilité d'y implanter une usine. Rappelons que l'Union européenne a pour objectif de doubler la production de puces sur son territoire afin de faire passer sa part mondiale à 20%.

"Nous permettre d'être compétitifs"

Mais Pat Gelsinger prévient: Intel devra être soutenu par des subventions publiques à hauteur de... 8 milliards d'euros. Pas moins.

Ce que nous demandons aux gouvernements américain et européen, c'est de permettre qu'il (le projet) soit compétitif pour nous ici par rapport à l'Asie", a-t-il déclaré dans un entretien accordé au média anglophone basé à Bruxelles Politico Europe et relayé par Reuters.

Intel est également à la recherche du meilleur site d'implantation. Pat Gelsinger estimerait que l'Allemagne serait un bon choix après une rencontre avec le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier.

"Sur le plan géopolitique, si vous êtes en Europe, vous voulez être en Europe continentale", a-t-il déclaré à Politico. "Nous pensons que l'Allemagne est un bon candidat - pas le seul, mais un bon candidat - avec lequel nous pourrions renforcer nos capacités de production", a-t-il dit, citant également un intérêt pour les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg).

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business