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Sans accord sur le Brexit, Boris Johnson menace de nouveau de ne pas payer l'intégralité de la facture

Boris Johnson lors du G7 à Biarritz.

Boris Johnson lors du G7 à Biarritz. - Ludovic Marin - AFP

Londres envisagerait de s'acquitter d'une note de 9 milliards de livres dans le cadre du Brexit en cas de rupture brutale avec Bruxelles. La facture, qui représente les engagements financiers pris par le Royaume-Uni dans le cadre de l'UE, est pourtant estimée à 39 milliards de livres.

Le sujet est au cœur du G7 qui se réunit à Biarritz jusqu’à lundi. Alors que les négociations patinent entre Londres et Bruxelles, Boris Johnson pourrait brandir la menace de ne pas payer l’intégralité de la facture du Brexit en cas de "no deal", selon une information de Sky News relayée par Reuters.

Le Premier ministre britannique devrait profiter de ce sommet pour informer les chefs d’État et de gouvernement de l'Union européenne que le Royaume-Uni retranchera quelque 30 milliards de livres (33 milliards d’euros environ) de la facture du Brexit estimée à 39 milliards de livres si Bruxelles refuse toujours de revoir l’accord de divorce. Et notamment le "backstop", disposition prévue dans le texte pour éviter le retour d’une frontière physique entre les deux Irlande.

"Les 39 milliards de livres ne sont plus engagés légalement" en cas de "no deal"

Londres prévoirait de s’acquitter d’une note de seulement 9 milliards de livres (9,8 milliards d’euros environ) en cas de rupture brutale avec l’UE. Pour justifier leur position, les conseillers juridiques du gouvernement britannique estiment que le Royaume-Uni n’aurait à payer aucun coût relatif à la période de transition puisque celle-ci n’aura pas lieu en cas de "hard Brexit".

"Je pense que l’Union européenne comprend que, si nous sortons sans accord, alors les 39 milliards de livres ne sont plus engagés légalement", a expliqué Boris Johnson, estimant néanmoins qu’il y a toujours "une chance raisonnable de parvenir un accord".

Pas sûr que les dirigeants de l’Union européenne voient les déclarations du Premier ministre britannique d’un très bon œil. En juin, alors que Boris Johnson, déjà pressenti pour succéder à Theresa May, menaçait de ne pas payer la facture, l’entourage d’Emmanuel Macron assurait que "ne pas honorer ses obligations de paiement, c’est un non-respect d’engagement international équivalent à un défaut sur sa dette souveraine, avec les conséquences que l’on connaît".

"Je n’imagine pas que les Britanniques ne respectent pas leurs engagement internationaux", avait déclaré pour sa part Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit pour l’Union européenne.
Paul Louis