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Conditions de pêche post-Brexit: la France menace Jersey de rétorsion sur le transport d'électricité

Annick Girardin, ministre de la Mer.

Annick Girardin, ministre de la Mer. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La ministre de la Mer, Annick Girardin, a dit envisager des "mesures de rétorsion" contre l'île anglo-normande, notamment sur "le transport d'électricité par câble sous-marin".

La France est prête à recourir à des "mesures de rétorsion" à l'égard de l'île anglo-normande de Jersey si les autorités britanniques continuent à restreindre l'accès des pêcheurs français à ces eaux, a affirmé mardi la ministre de la Mer, Annick Girardin.

"Ces mesures de rétorsion, nous sommes prêts à les utiliser", a-t-elle déclaré lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, faisant allusion à des répercussions éventuelles sur le "transport d'électricité par câble sous-marin" qui alimente l'île depuis la France. "Je regrette si on devait en arriver" là mais "on y sera s'il faut le faire", a ajouté la ministre.

"Inadmissible"

Elle s'est dite "révoltée, c'est le mot" en découvrant, au soir du 30 avril, que de nouvelles conditions d'accès avaient été décidées "unilatéralement" côté britannique. Selon son ministère, le Royaume-Uni a publié vendredi une liste de 41 navires français autorisés à pêcher dans les eaux de Jersey. Mais cette liste s'accompagne de nouvelles exigences "qui n'ont pas été concertées, discutées ni notifiées avant" dans le cadre de l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. "C'est tout à fait inadmissible", a insisté la ministre.

"Si on l'accepte à Jersey, c'est dangereux pour l'ensemble de nos accès" aux poissonneuses eaux britanniques, a-t-elle souligné. Le député de la Manche Bertrand Sorre qui l'interrogeait a cité l'exemple d'un pêcheur de Granville, habitué à pêcher coquilles Saint-Jacques et bulots "en moyenne 40 jours par an" dans les eaux de Jersey.

Il a découvert qu'il pourrait désormais s'y rendre "seulement onze jours" en 2021 "et uniquement pour la coquille, disparu le bulot!" a-t-il rapporté. Parmi les pêcheurs, "la colère gronde et l'envie d'en découdre est palpable", a mis en garde l'élu local.

P.L. avec AFP