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Budget: la fin du bras de fer entre le gouvernement italien et Bruxelles

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Le vice-président de la Commission européenne a annoncé ce mercredi qu'un accord a été trouvé avec le gouvernement italien sur le contenu de son budget pour 2019.

La coalition populiste au pouvoir à Rome et la Commission européenne se sont entendues mercredi sur le budget 2019 de l'Italie, qui a notamment accepté de reporter deux mesures phares, après un long bras de fer, a annoncé le vice-président de l'exécutif européen, Valdis Dombrovskis.

L'accord prévoit 10,25 milliards d'euros d'économies budgétaires, en partie grâce au "report de l'entrée en vigueur des deux principales mesures" du gouvernement italien: la réforme des retraites et le revenu de citoyenneté, un revenu minimum en faveur des plus défavorisés, a expliqué Valdis Dombrovskis.

Cette solution "n'est pas idéale, mais elle permet d'éviter à ce stade l'ouverture d'une procédure pour déficit excessif", a-t-il ajouté à propos du budget italien, jusqu'alors jugé "hors des clous européens".

"Ce processus n'a pas été facile. Au début il semblait y avoir peu de chances de combler l'écart entre nos positions respectives", a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, voyant dans cet accord "une victoire pour le dialogue par rapport à la confrontation".

Deux mois de bras de fer

Depuis le rejet par la Commission européenne du budget 2019 du gouvernement italien le 23 octobre, les deux parties avaient engagé un bras de fer. Pour financer ses mesures promises lors des élections, la coalition au pouvoir à Rome avait choisi de creuser le déficit à 2,4% du PIB, alors que ses prédécesseurs s'étaient engagés sur 0,8%. Bruxelles craignait que le dérapage budgétaire italien nuise à la soutenabilité de la dette du pays qui s'élève à 131% du PIB, la seconde plus élevée du continent après la Grèce.

À Rome, le ton a changé depuis que la Commission a préconisé fin novembre l'ouverture d'une procédure pour déficit excessif à l'encontre de l'Italie. Le gouvernement s'est montré plus enclin à faire des efforts pour se rapprocher des exigences européennes, pour parvenir à un compromis ce mercredi.

La situation est devenue encore plus sensible politiquement quand la France a annoncé des mesures supplémentaires pour répondre à la crise des "gilets jaunes", qui devraient la conduire à dépasser le seuil de 3% de déficit public en 2019. Les Italiens avaient alors mis en garde Bruxelles contre une différence de traitement entre la France et eux.

Report des réformes et économies supplémentaires

L'accord conclu mercredi porte sur un déficit public à 2,04% du Produit intérieur brut (PIB) avec une prévision de croissance ramenée à 1% pour l'an prochain au lieu de 1,5%. Il doit permettre d'éviter une aggravation de l'énorme dette de l'Italie, qui s'élève à environ 130% de son produit intérieur brut (PIB).

Outre le report de la réforme des retraites et du revenu de citoyenneté, d'autres économies doivent être réalisées sur les investissements italiens, qui seront partiellement compensés par les fonds européens.

L'Italie a également demandé à Bruxelles de bénéficier d'une flexibilité pour circonstances exceptionnelles, afin de faire face aux risques sur ses infrastructures routières et aux inondations de grande ampleur.

Jean-Christophe Catalon avec AFP