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Accord sur le Brexit : Michel Barnier dénonce les "menaces et provocations britanniques"

Pour l'ancien négociateur de l'UE, les Britanniques ne respectent pas leurs engagements, qu'il s'agisse du protocole nord-irlandais ou de l'accord commercial conclus dans le cadre du Brexit.

Cinq mois après la sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union européenne, les relations entre Londres et Bruxelles ne sont toujours pas apaisées. En cause, l’attitude des Britanniques qui ne respecteraient pas leurs engagements, selon l’ex-négociateur de l’UE Michel Barnier, invité ce mercredi de RMC et BFMTV.

Et "pas seulement sur la question de la pêche. Le plus grave, c’est l’Irlande où il ne s’agit pas de commerce, de marchandises mais de la paix", a-t-il rappelé, déplorant "des tentatives, des menaces et des provocations britanniques pour ne pas respecter" le protocole qui prévoit l’absence de frontière terrestre entre les deux Irlande et des contrôles de marchandises à l’entrée de l’île.

S’agissant de l’épineuse question de la pêche, "les pêcheurs français ont raison", a assuré Michel Barnier. "Ils demandent simplement qu’on respecte l’accord. Il faut leur donner les licences dont ils ont besoin dans la Manche, autour des îles anglo-normandes", a-t-il dit. Or, "les Britanniques multiplient les contraintes".

Barnier recommande aux Britanniques "de faire très attention"

Ce non-respect de l’accord sur l’Irlande du Nord et de l’accord commercial "aura des conséquences", a encore prévenu l’ancien négociateur européen, recommandant "aux Britanniques de faire très attention". Car l’accord sur le Brexit prévoit aussi "des mesures de compensation: on peut empêcher les pêcheurs britanniques qui pêchent dans nos eaux de venir, on peut rétablir des tarifs douaniers, on peut suspendre l’accord…", a-t-il énuméré.

Mais "j’espère qu’on sera suffisamment assez intelligents des deux côtés pour partir de cet accord et garder un esprit de coopération parce que la vérité c’est que dans le monde qui vient, dangereux instable, injuste… On a plein de menaces devant nous. (…) Il y aura d’autres crises et on aura besoin de coopérer avec les Britanniques", a conclu Michel Barnier.
https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco