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Travail du dimanche: Macron refuse "de marchander"

Le ministre de l'Economie juge également que "la place de la Grèce est dans la zone euro"

Le ministre de l'Economie juge également que "la place de la Grèce est dans la zone euro" - Patrick Kovarik - AFP

Le ministre de l'Economie assure qu'il ne "marchandera pas" sur le nombre d'autorisations de travail dominical prévues dans son projet de loi, lors de l'examen au Parlement. Dans un entretien aux Echos, il assure également que son texte "va créer plusieurs dizaines de milliers d'emploi" en un an et demi.

Emmanuel Macron l'assure: il ne marchandera pas sur le nombre d'autorisations de travail dominical. Le projet de loi pour l'activité du ministre de l'Economie sera examiné au Parlement à la fin de ce mois de janvier. De nombreuses voix, y compris au sein de la majorité, ont émis d'importantes critiques sur ce texte, notamment sur la réforme du travail du dimanche .

Mais le ministre l'affirme dans une interview publiée sur le site des Echos ce mardi 6 janvier: "Il n’est pas question de tomber dans un marchandage sur le nombre de dimanches travaillés à autoriser".

"Cécile Duflot me fait penser à Woody Allen"

Le patron de Bercy explique que l'un des objectifs de son texte "est de donner plus de liberté au niveau des maires". "C’est sur ce degré de latitude que doit se faire le débat pour trouver le bon mécanisme afin de préserver et d’encourager le commerce de proximité en centre-ville", ajoute-t-il. Le projet de loi d'Emmanuel Macron prévoit, en effet, de faire passer de 5 à 12 le nombre d'ouvertures administratives que les maires peuvent accorder.

Parmi les élus qui ont critiqué l'extension du travail dominical figure l'ancienne ministre du Logement, l'écologiste Cécile Duflot qui, le 4 janvier dernier, qualifiait la mesure de "renoncement social". "Cécile Duflot me fait penser à Woody Allen: 'Ma réponse est non… Mais quelle est la question?' En relisant le projet de loi, elle découvrira que ses craintes ne sont pas fondées", répond Emmanuel Macron dans l'interview. 

Interrogé sur les répercussions économiques de son texte, Emmanuel Macron ne s'avance pas sur des chiffres précis. Mais il assure "avec certitude que cette loi va créer plusieurs dizaines de milliers d’emplois d’ici à dix-huit mois, notamment dans les secteurs que l’on ouvre à la concurrence (autocars, professions réglementées) et via l’ouverture dominicale des commerces".

"La place de la Grèce est dans la zone euro"

Dans ce même entretien, Emmanuel Macron s'exprime également sur l'Europe, avec en première ligne le dossier grec. "La place de la Grèce est dans la zone euro, quel que soit son prochain gouvernement", affirme le ministre de l'Economie. Une façon de mettre les points sur les "i" alors que selon le journal allemand Der Spiegel, Berlin serait prêt à laisser la Grèce sortir de l'euro si le parti de gauche radicale Syriza, favori dans les sondages, devait remporter les prochaines élections législatives anticipées.

Emmanuel Macron juge par ailleurs que la Grèce symbolise "l'épuisement démocratique" que connaissent les "pays soumis à l'austérité". Ce pour quoi "nous voulons convaincre notre partenaire allemand que la France et l'Allemagne doivent aller beaucoup plus loin ensemble pour la relance de l'Europe", explique-t-il.

"Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires"

Enfin, une phrase du ministre de l'Economie ne devrait pas manquer de faire réagir à gauche. "Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires", estime-t-il ainsi. "Je ne fais pas partie de ceux qui stigmatisent les entreprises du CAC 40, car ce sont elles qui structurent l’économie française. Il faut que les start-up d’aujourd’hui préfigurent le CAC 40 de demain".

J.M. avec AFP