BFM Business

Muriel Pénicaud ne connaît "pas beaucoup de femmes qui n’ont jamais été harcelées"

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. - RMC-BFMTV

La ministre du travail a indiqué ce mardi sur RMC et BFMTV avoir déjà été harcelée sexuellement au travail, et ne pas connaître beaucoup de femmes "à qui ce n’est jamais arrivé".

Les inégalités de salaire entre hommes et femmes, c’est "le combat de ma vie", a indiqué Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, sur RMC et BFMTV ce mardi. Des inégalités qui persistent puisque "aujourd’hui il y a 9% d’écart de rémunération pour le même travail, même pour des jeunes de 25 ans, il y a 25% d’écart sur l’ensemble de la carrière, et ça produit des différences de 31% pour la retraite", a souligné la ministre.

Mais elle affirme que le gouvernement actuel a réellement fait bouger les lignes: "Depuis le 1er mars, nous avons instauré une obligation de résultat pour les entreprises. Toutes les entreprises de plus de 250 salariés ont publié leur index des inégalités de salaires. D’ailleurs les médias ne sont pas exemplaires, comme les entreprises publiques", a-t-elle détaillé.

"Au 1er mars prochain, ce sera 40.000 entreprises, puisque toutes les entreprises de plus de 50 salariés vont publier leur index d’inégalités, et devront procéder à des actions correctives: des augmentations de salaire, des nouvelles perspectives de carrière".

167 entreprises égalitaires sur 7000

Pour le moment, sur les 7000 premières entreprises qui ont publié leur index, "il n’y en a que 167 qui sont au carré. Donc il y a du boulot. Mais c’est un peu la machine infernale à progresser, puisque comme c’est public, cet index, y a des jeunes femmes et hommes qui commencent à dire ‘je ne vais pas dans cette entreprise qui n’est pas égalitaire’ et ils ont bien raison. En termes de réputation et de pression sociale interne, ça augmente, donc je crois vraiment qu’on peut y arriver en France, les esprits sont mûrs".

De son côté, Muriel Pénicaud admet avoir elle-même été victime de discrimination lorsqu’elle travaillait en entreprise. Mais "avant d’être directrice des ressources humaines, je n’en savais rien parce que je ne connaissais pas les salaires". "Il n’y a pas beaucoup de femmes qui n’ont pas connu le plafond de verre", ajoute-t-elle. Un plafond de verre qui peut venir de facteurs extérieurs, mais aussi de soi-même. "C’est quand on se dit, je ne vais pas prendre ce poste parce que je suis pas capable, pas légitime".

En outre, la ministre du travail a connu personnellement "les sujets de harcèlement". "Une fois, et vous savez, malheureusement, quand on en parle entre femmes, je n’en connais pas beaucoup à qui ce n’est jamais arrivé".

Nina Godart