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Les fonctionnaires auront-ils droit à la prime défiscalisée annoncée par Emmanuel Macron?

La prime défiscalisée exceptionnelle annoncée ce lundi par Emmanuel Macron ne devrait concerner que le secteur privé. Les salariés de la Poste, de la SNCF ou d'EDF espèrent encore un geste.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Voilà comment les syndicats de fonctionnaires jugent la mesure annoncée ce lundi par Emmanuel Macron d'une prime exceptionnelle versée par les entreprises et sur laquelle il n'y aurait ni charge ni impôt à payer.

Dans le privé, quelques grandes entreprises ont déjà fait savoir qu'elles comptaient ouvrir le carnet de chèques comme Orange, Publicis, Iliad ou hier encore Michelin

Mais quid du secteur public? Les agents de la fonction publique ne devraient a priori pas être concernés. La CFDT assure avoir fait la demande d'une telle prime lors d'une réunion qui s'est tenue ce jeudi au ministère du Travail. Mais la réponse donnée n'a pas été positive. 

Ce qui agace particulièrement la CGT. "Les annonces du chef de l’Etat laissent de côté les agents de la fonction publique, soit plus de cinq millions de personnes, s’indigne dans Le Parisien Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération CGT des services publics. Cela confirme le fait que les fonctionnaires sont les grands sacrifiés de ce gouvernement."

"Nous craignons des suppressions de postes"

Les syndicats craignent surtout de faire les frais des nouvelles dépenses annoncées par Emmanuel Macron et du dérapage budgétaire qui en est la conséquence. "Avec 10 milliards d'euros à trouver pour financer ces annonces nous sommes une cible toute trouvée. Nous craignons des suppressions de moyens, de postes ou un gel ad vitam aeternam du point d’indice", explique Baptiste Talbot.

Les salariés des entreprises publiques seront-ils mieux lotis? Pour l'heure, ni la SNCF, ni la Poste, ni encore EDF n'ont annoncé de prime. Mais du côté des syndicats de salariés de ces entreprises, on semble partagé sur l'opportunité d'une telle prime. La CGT mines-énergies pour EDF réclame ainsi des augmentations de salaires plutôt qu'une prime.

A la SNCF, la CFDT a écrit à Guillaume Pepy pour réclamer une prime d'un montant minimum de 1000 euros pour l'ensemble des salariés. La compagnie de chemin de fer (qui a perdu 762 millions d'euros au premier semestre du fait des grèves) réfléchirait selon Le Parisien à verser une prime uniquement pour les bas salaires.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco