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L'intersyndicale d'Alstom "indignée" après la sélection de son concurrent espagnol pour des trains SNCF

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- - François Guillot- AFP

Evincé d'un appel d'offres portant sur des trains intercités, les syndicats d'Alstom se disent inquiets pour l'avenir du site de Reichshoffen. L'intersyndicale "mettra tout en oeuvre" pour que "la raison l'emporte d'ici au prochain conseil d'administration de SNCF Mobilités" le 24 octobre.

L'intersyndicale FO, CGT, CFE-CGC et CFDT du groupe français Alstom a manifesté jeudi son "indignation" après que la SNCF a sélectionné mercredi le constructeur ferroviaire espagnol CAF pour la livraison de 28 nouveaux trains Intercités.

Les syndicats dénoncent dans un communiqué "le double langage des pouvoirs publics, qui font la promotion d'une industrie ferroviaire nationale forte et qui attribuent en même temps un marché de 2 milliards (d'euros) de financement public à une entreprise espagnole", concurrente d'Alstom.

L'intersyndicale "mettra tout en oeuvre" pour que "la raison l'emporte d'ici au prochain conseil d'administration de SNCF Mobilités" le 24 octobre.

Le groupe CAF, qui possède une usine en France à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), a été désigné mercredi "attributaire pressenti" pour ce contrat d'environ 700 millions d'euros. La commande doit encore être approuvée les administrateurs de SNCF Mobilités.

Des créations d'emplois hypothétiques, selon les syndicats

Si le conseil "venait à entériner cette préférence espagnole" en confirmant CAF, "ce serait une très mauvaise nouvelle pour l'avenir du site alsacien" d'Alstom à "Reichshoffen et pour l'ensemble de la filière française mobilisé par l'offre Alstom, notamment pour les sites de Belfort, d'Ornans, du Creusot et de Tarbes, ainsi que pour tous leurs fournisseurs et sous-traitants", déplore l'intersyndicale.

"Quel intérêt d'afficher la création hypothétique de 250 emplois à Bagnères-de-Bigorre face au risque d'en supprimer le triple en Alsace et Bourgogne-Franche-Comté?", ajoutent les syndicats. Ce choix est "probablement politique", jugent-ils en notant que "CAF n'a aucune référence" en matière de "trains Intercités à 200 km/h".

L'appel d'offres porte sur 28 rames destinées aux "trains d'équilibre du territoire" (TET, Intercités) Paris-Toulouse et Paris-Clermont, auxquelles s'ajouteront éventuellement 75 rames en option, dont 15 pour équiper la transversale Bordeaux-Toulouse-Marseille. La SNCF agit dans cette affaire pour le compte de l'État qui est l'autorité organisatrice pour ces trois lignes et assure la dépense. A la facture des trains s'ajoutent 100 millions d'euros pour les centres de maintenance.

C.C. avec AFP