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Index égalité femmes-hommes: le gouvernement va écrire aux mauvais élèves dont l'État est actionnaire

De gauche à droite, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

De gauche à droite, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et la ministre du Travail Muriel Pénicaud. - Charles Platiau - pool - AFP

Parmi les entreprises qui ont obtenu une mauvaise note à l'index d'égalité femmes-hommes, plusieurs sont des filiales de groupes dont l'État est actionnaire. Muriel Pénicaud et Bruno Le Maire vont leur écrire la semaine prochaine pour leur demander de prendre des mesures.

Muriel Pénicaud et Bruno Le Maire vont écrire en début de semaine prochaine à toutes les entreprises qui ont un mauvais score à l'index d'égalité femmes-hommes et dont l'État est actionnaire, a annoncé la ministre du Travail ce vendredi sur France Culture. Muriel Pénicaud avait déjà annoncé mardi que l'Agence des participations de l'État (APE) serait saisie.

Depuis le 1er mars, les grandes entreprises ont l'obligation de rendre public leur index d'égalité femmes-hommes. Il s'agit d'un score allant jusqu'à 100 points, censé refléter les performances de l'organisation en matière d'écarts de rémunérations, d'opportunité de promotion pour des postes de haut cadre, etc. À ce stade, 118 entreprises sont en-dessous de la note plancher fixée à 75 points. Elles sont en "alerte rouge", selon la ministre du Travail, et doivent prendre des mesures d'urgence pour améliorer la situation. 

Parmi elles, on trouve Bolloré Logistics et AcelorMittal Industeel, mais aussi des entreprises du service public comme Radio France et des filiales de grands groupes dont l'État est actionnaire, à savoir GRDF (Engie maison-mère), Thales services (Thales) ou la filiale de distribution du constructeur Renault.

"L’État demandera au conseil d’administration de faire des progrès"

"Chacun doit prendre ses responsabilités, l’État doit le faire en tant que législateur mais aussi en tant qu’actionnaire", a insisté Muriel Pénicaud ce vendredi. "J’ai décidé avec mon collègue Bruno Le Maire que nous allions écrire en début de semaine à toutes les entreprises qui font parties des 118 en alerte rouge dont l’État est actionnaire." Jugeant cette situation "inadmissible", la ministre a prévenu que "l'État, en tant qu’actionnaire, demandera au conseil d’administration de faire des progrès".

La loi prévoit des sanctions financières pour les entreprises qui n'améliorent pas leur performance. Si, d'ici trois ans, leur score n'a pas augmenté, elles s'exposent à une pénalité pouvant aller jusqu'à 1% de la masse salariale. Pour celles qui sont en "alerte rouge", elles peuvent être sanctionnées dès cette année si elles ne mettent pas immédiatement en œuvre un plan d'action, a rappelé Muriel Pénicaud.

Jean-Christophe Catalon