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Apprentissage: quatre grands groupes s'allient pour ouvrir leur propre centre de formation

Les quatre groupe ont lancé un projet de CFA dans le secteur de la cuisine et la restauration

Les quatre groupe ont lancé un projet de CFA dans le secteur de la cuisine et la restauration - Philippe Merle - AFP

La loi Avenir professionnel permet aux entreprises d'ouvrir leur propre centre de formation d'apprentis. Accor, Adecco, Korian et Sodexo ont annoncé ce lundi lancement d'un projet commun.

C'est l'une des nouveautés de la loi Avenir professionnel. Alors que les employeurs ont de plus en plus de mal à recruter, pointant des difficultés à trouver des candidats ayant les compétences recherchées, ils vont pouvoir palier ce problème en formant eux-même leurs futurs salariés. Car la législation leur permet d'ouvrir leur propre centre de formation d'apprentis (CFA). 

Pour favoriser ce mouvement, le gouvernement promet une procédure simplifiée au maximum. Il n'est d'ailleurs plus nécessaire de demander l'autorisation de la Région, mais seulement de déclarer son centre afin d'obtenir une certification sur la qualité de la formation.

Des premiers entreprises ont répondu à l'appel du gouvernement. Quatre groupes que sont Accor, Adecco, Korian et Sodexo ont annoncé ce lundi le lancement d'un projet commun de CFA dans le secteur de la cuisine et de la restauration. Ils ont pour objectif de démarrer les premières formations "dès 2020". D'autres grandes entreprises -comme Schneider Electric, Safran, Groupe Nicollin et Arc International- sont également intéressées. 

"La bataille des compétences"

L'idée est "d'attirer des jeunes sur ces métiers, de promouvoir l'ascenseur social" et "de contribuer à la performance et à la croissance de chacun des groupes", ont fait savoir dans un communiqué Accor, Adecco, Korian et Sodexo, "dans un contexte de tension sur certains métiers".

"Nous formons environ 450 apprentis par an en France, par rapport à nos 20.000 salariés, c'est peu", a expliqué à l'AFP Rémi Boyer, le DRH du groupe Korian. Avec l'exemple allemand en tête:
"En Allemagne, ils représentent 10% de notre effectif: nous en avons 1800. Et aujourd'hui notre taux de transformation est bas: nous ne gardons dans le groupe que 15% des apprentis au terme de leur apprentissage, pour nous c'est un investissement perdu".

À l'avenir, pour leur groupe en particulier, les métiers de service et de propreté ainsi que du soin pourraient être concernés. Une approche qui ne déplaît pas à la ministre du Travail: 

"La possibilité de créer des CFA d'entreprise répond à un double enjeu: recruter sur des métiers en tension et former ses salariés, alors qu'un emploi sur deux va se transformer dans les 10 ans et que de nouveaux vont se créer". (...) "Les entreprises qui s'engagent dans ce dispositif aujourd'hui prennent une longueur d'avance dans la bataille des compétences".

Jean-Christophe Catalon avec AFP