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SNCF: "On est loin d’une sortie de grève", prévient Martinez

Malgré le vote imminent de la réforme ferroviaire, le leader de la CGT a estimé que de nombreuses questions restaient en suspens. Le calendrier de grève qui s'étend jusqu'au 28 juin sera donc maintenu et les cheminots décideront de poursuivre, ou non, le mouvement cet été.

Alors que députés et sénateurs se sont mis d’accord sur la version finale de la réforme ferroviaire, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez a assuré ce mardi matin que les syndicats n'avaient "pas perdu" face au gouvernement et que le calendrier de la grève des cheminots était "maintenu" au vu des problèmes qui sont "toujours sur le tapis". 

"C’est les cheminots qui vont décider en fonction des résultats obtenus. Mais pour l'instant, on est loin d'une sortie de grève. Il faut du concret. Il y a des questions qui restent en suspens", a-t-il déclaré sur BFMTV, évoquant notamment le statut des cheminots, celui de la SNCF ainsi que la future convention collective qui fera l'objet de négociations à partir de vendredi.

"Nous demandons toujours que l'entreprise ne change pas de statut. L'ouverture à la concurrence, on n'est pas obligé de la faire dans les délais prévus. On demande à ce que les petites lignes soient maintenues et donc qu'il y ait des assurances et on demande des créations d'emplois parce qu'il y a un déficit d'emplois à la SNCF", a encore plaidé le numéro un de la CGT avant de rappeler que le syndicat avait déposé un projet de 50 pages au Premier ministre.

Borne en "appelle à la responsabilité des syndicats"

Bien que la CGT estime que le gouvernement "occulte les questions essentielles" dans ce dossier, la ministre des Transports Élisabeth Borne a de son côté invité les cheminots à bien étudier le projet de loi, soulignant qu'il leur apporte "des garanties de haut niveau".

"La réforme arrive à son terme (...) avec une loi qui va être votée demain (mercredi) à l'Assemblée nationale et jeudi au Sénat", a-t-elle constaté sur franceinfo. "Je pense que c'est important que les cheminots regardent ce qu'il y a dans ce texte de loi."

"J'en appelle maintenant à la responsabilité des syndicats", a répété Élisabeth Borne. Et de poursuivre: "Évidemment, les syndicats sont dans leur droit (de continuer la grève), mais il doivent aussi entendre la lassitude des usagers. Ils doivent être aussi conscients de l'impact sur certains secteurs de l'économie", a-t-elle noté, évoquant les perturbations dans le fret ferroviaire.

Interrogée sur la perspective d'une prolongation de la grève pendant l'été, elle est restée dubitative: "Quel sens cela a? La réforme, elle est votée! Jeudi, elle sera votée".

Paul Louis