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Sécurité sociale: le premier rétropédalage de François Fillon?

François Fillon s'est défendu de vouloir privatiser la Sécurité sociale.

François Fillon s'est défendu de vouloir privatiser la Sécurité sociale. - Jean-François Monier - AFP

Sujet aux nombreuses critiques suscitées par une supposée privatisation de la Sécurité sociale, le candidat de la droite à l’élection présidentielle paraît faire machine arrière. François Fillon entretient le flou sur ses véritables ambitions en la matière.

Alors que ses opposants semblent avoir trouvé un premier angle d’attaque sur ses propositions en matière de santé, François Fillon n’a pas vraiment dissipé le flou régnant sur le sujet. Et sa tentative de clarification, lundi dans Le Figaro, a plutôt semblé aggraver les choses.

En se défendant de vouloir privatiser la sécurité sociale, et en assurant qu’il ne "toucherait pas à l’assurance-maladie", le candidat de la droite à l’élection présidentielle apparaît désormais comme celui du renoncement aux yeux de certains.

"Soit c'est volontairement flou, et ça cache une dissimulation du projet véritable qui est bien de privatiser la Sécurité sociale, (...) soit c'est une vraie reculade et ça veut dire (...) qu'on serait donc condamné, si Fillon était élu malheureusement président de la République, à cinq ans d'immobilisme", a ainsi dénoncé Florian Philippot, le vice-président du Front national, sur LCI.

François Fillon, qui avait promis de "désétatiser" le système de santé, notamment en "focalisant l'assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée, et l'assurance privée sur le reste" (une proposition qui depuis a été retirée de son site de campagne), serait-il en train de recentrer sa campagne pour ménager les différentes sensibilités? "Il revient à la position gaulliste de la Sécurité sociale", (…) "C'est un peu le piège des primaires, on gagne la primaire à droite et après la présidentielle, il faut la gagner au centre", a reconnu Jean-Pierre Raffarin sur Europe 1.

"François Fillon n'a pas varié d'un cil"

Invité de BFMTV et RMC ce mardi, son porte-parole Jérôme Chartier n’a pas vraiment mis un terme aux spéculations. "Ce n'est pas du renoncement. La protection des Français est un ensemble Sécurité sociale-complémentaires santé. Cet ensemble-là doit continuer à protéger 100% des Français et 100% des maladies, François Fillon n'a pas varié d'un cil", a-t-il déclaré, éludant la question des "affections graves".

François Fillon et ses soutiens pourraient tenter de faire diversion en concentrant leurs critiques sur la ministre de la Santé Marisol Touraine, qui s’est récemment félicité de la résorption du trou de la Sécu en 2017. Ce qui n’est pas totalement exact: si le régime général devrait afficher un déficit de 400 millions d’euros (contre 13,4 milliards en 2012), celui du fonds de solidarité vieillesse pointera tout de même à 3,8 milliards. Soit un déficit cumulé de 4,2 milliards d’euros pour la Sécurité sociale.

François Fillon, lors de l’entre-deux tours de la primaire, n’avait d’ailleurs pas manqué de le faire remarquer. Sans trop de fracas néanmoins, puisqu’il s’agira de la meilleure performance de l’État depuis 2001.

Y.D.