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Quel avenir pour la banque publique d'investissement?

Neuf ministres sont réunis à Bercy ce mardi pour des discussions à propos de la future banque publique d'investissement.

Neuf ministres sont réunis à Bercy ce mardi pour des discussions à propos de la future banque publique d'investissement. - -

Les discussions démarrent à Bercy ce mardi 11 septembre, à propos de la future banque publique d'investissement (BPI). Dans son émission Good Morning Business Stéphane Soumier a fait le point ce dossier avec Caroline Morisseau, reporter à BFM Business, Un duo très pédagogique.

De combien doit-on doter la BPI ? En d'autres termes, quel doit être le montant général de l'investissement?

L’idée de départ, c’est 20 milliards d’euros. Ce qui représente peu ou prou les fonds propres cumulés d’Oseo, la CDC entreprises et le Fond stratégique d’investissemnt (FSI). A savoir les trois institutions qui doivent contribuer à cette banque publique d’investissement. Mais certains à Bercy militent pour aller plus loin, comme par exemple puiser dans les livrets de développement durable, ce qui permettrait de doter la BPI d’une force de frappe beaucoup plus importante : 30 milliards d'euros, voire beaucoup plus.

A-t-on le droit d'aller puiser dans les livrets de développement durable?

On en a tout à fait le droit, c’est même leur mission première, puisqu’à l'orgine, l’ancêtre de ce livret, le Codevi, a été conçu précisément pour aider les PME à se financer.

Pareil pour le livret A ?

Pourquoi pas ! Le livret A n’est pas seulement destiné au logement social, mais à toutes formes de missions d’intérêt public.

Qu'en est-il de la question de la gouvernance? On réunit Oseo, le FSI et la CDC sous une gouvernance unique ?

Soit on reste sur un modèle centralisé dans lequel l’Etat et la Caisse des dépôts gardent la main et ont tous les pouvoirs de décision. Soit on implique davantage les régions. Les présidents de régions militent d’ailleurs pour cela. Ils rêvent d’un modèle inspiré du Crédit agricole: une holding de tête pilotée par la CDC et l’Etat, et derrière des fédérations du Crédit Agricole avec une certaine autonomie, et un vrai pouvoir de décision.

Cela voudrait dire qu'Oseo, par exemple, perdrait son indépendance?

Elle perd une certaine indépendance, c’est sûr.

Quelles sont les missions de cette BPI, précisément? Est-elle un investisseur public responsable ou soutient-elle les canards boiteux ?

C’est tout un débat. Soit on est sur une notion de croissance et de soutien à l’économie française, soit sur une notion de pompier. Soit la BPI vient secourir les entreprises en difficulté, soit elle interviendra dans des entreprises dont les comptes sont sains, pour les aider à exporter ou à innover, afin de doper la croissance.

Et cela n'est donc pas encore arbitré...

Non, il y aura beaucoup d’arbitrages. Et, en fonction de ces derniers, on peut avoir deux projets très différents. Ou bien l'on se contente de juxtaposer tous les dispositifs existants, ou l'on crée une vraie banque d’investissement, capable de rivaliser avec n’importe quelle autre banque privée, mais avec une mission de service public.

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