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Privées de prime Covid, les fédérations de l'aide à domicile crient à l'"injustice"

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65e/38ac5f314dd3b34edc538ee3c2f95 - Jeff Pachoud - AFP

Les 300.000 professionnels du secteur réclament la même prime que celle reçue par les personnels des Ehpad, à savoir le versement par l'Etat de 1000 euros pour ceux résidant en zone verte et 1500 euros pour ceux en zone rouge.

Les fédérations de l'emploi à domicile ont dénoncé mardi "l'injustice" subie par les professionnels de l'aide aux personnes vulnérables, exclus de la prime accordée aux personnels en première ligne face au coronavirus, une récompense pourtant annoncée par le gouvernement mais dont la prise en charge revient aux départements.

"Les 300.000 professionnels crient à l'injustice et demandent, à l'instar des personnels des Ehpad, le versement par l'Etat d'une prime de 1000 euros en zone verte et 1500 euros en zone rouge", écrivent dans un communiqué commun huit fédérations représentatives de ce secteur.

Pour l'ADMR, Adédom, la Fédération du service aux particuliers, l'Union nationale de l'aide et des services à domicile, le Synerpa, la Fehap, la Fédésap, et la FNAAFP/CSF, les aides à domicile ont "malgré une situation financière souvent critique et la quasi-absence d'équipements de protection individuelle au départ, continué à assumer pleinement leur rôle de 1ère ligne auprès des publics" touchés par le virus.

Une équité de traitement

Le gouvernement a annoncé mi-avril le versement de primes pour les soignants à pied d'oeuvre face à l'épidémie de coronavirus. Il a également souhaité l'attribution d'une prime pour les personnels de toutes les structures médico-sociales, qu'elles soient publiques ou privées. Or, pour le secteur de l'aide à domicile, financé par les départements, "la prime reste une promesse non tenue", constatent les signataires.

Quelques jours après la publication du décret officialisant le versement d'une prime aux personnels des Ehpad et des structures médico-sociales publiques, ils demandent à l'Etat "de garantir l'équité de traitement et une reconnaissance légitime de l'engagement de tout un secteur pendant cette crise sanitaire".

Interrogé mi-mai à l'Assemblée nationale sur cette différence de traitement, Olivier Véran avait indiqué que les primes pour les aides à domicile relevaient "de la compétence départementale" et que l'Etat travaillait "en concertation avec l'ensemble des départements (...) dans l'espoir, l'attente, que puisse être déclenché un geste à destination des aides à domicile".

Le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a annoncé lundi qu'il allait verser jusqu'à 1500 euros de prime aux 2000 salariés de l'aide à domicile qui ont travaillé pendant la crise du coronavirus.

C.C. avec AFP