BFM Business

Pour lutter contre la solitude : parlez à votre patron !

-

- - -

Mercredi 23 janvier, c'est la journée mondiale de la solitude. Mais le plus seul au bureau n'est pas toujours celui qu'on croit.

Aujourd'hui c'est la journée mondiale de la solitude. Faire des chroniques sur les différentes journées est évidemment un marronnier. Mais une belle journée comme cela, ça ne se rate pas. Alors je ne vais pas vous parler de la solitude de Michel au travail. Si Michel déjeune tout seul, c'est vrai que c'est triste, mais au moins quand il va à la machine à café tout le monde ne s'arrête pas de parler. Ça c'est plutôt le quotidien du chef de Michel, lui il est vraiment très seul.

Avez-vous conscience de la solitude dans laquelle se trouve les dirigeants ? Je suis sure que non. Stéphane Waller, fondateur de l’application RH Bleexo témoigne : " parfois à la fin des séminaires, je demande gentiment a mes collaborateurs. Qui veut que je le dépose ? Tout le monde regarde ses pieds très gênés. Et je finis toujours par ramener le nouveau qui n'ose pas refuser et qui se dit que c'est un mauvais moment à passer".

Il faut regarder les choses en face : quand vous êtes chef, les gens n'ont pas envie de vous parler. Vos collaborateurs, en dehors des exercices imposés, aiment se sentir libre. Et quand ils boivent un verre, ils préfèrent que le chef ne soit pas là. Et la solitude du patron n'est pas que psychologique, elle est organisée géographiquement aussi. Si vous êtes n+2 on vous met à des kilomètres de vos équipes, on vous exclut, il faut prendre l'ascenseur pour venir vous voir.

Impossibilité de voir les signaux faibles 

Alors c'est très triste cette solitude du dirigeant. Mais surtout, cela a un impact sur sa capacité à bien gérer ses équipes. Car ce dernier se retrouve coupé de l'accès a l'information. Les bonnes informations, l'informel, les signaux faibles... tout ça n'arrive plus jusqu'à lui. En haut de sa pyramide le dirigeant n'a plus accès qu'a de l'information censurée, marquetée, qu'on lui sert prédigérée, souvent car on pense qu’il ne faut pas le vexer ou que ça ne l’intéresse pas. Et " l'information cosmétique c'est dramatique pour le fonctionnement d'une entreprise", poursuit le dirigeant. 

Deux solutions donc pour contrer la solitude du dirigeant.

1) le remettre dans une communauté. Beaucoup d'entreprises se mettent à cultiver les groupes de manager un peu comme le font les réseaux d'anciens des écoles (Alumni). Cela permet de partager les bonnes pratiques par exemple mais aussi de se confier sur ses difficultés au quotidien. 

2) gommer la distance grâce à l'anonymat. Et c’est à cela que servent les applications de médiation. Bleexo, toguna et bien d'autres se sont lancées sur ce marché. Elles permettent de prendre le pouls d'une équipe, de faire remonter les doléances sans caractère formel et ça c'est essentiel.

Conclusion : si ce matin, votre chef vient à la machine à café. Pensez à la journée de la solitude... soyez gentil. Parlez-lui !