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Piketty affirme pouvoir "mettre en place" le revenu universel en France

Thomas Piketty, économiste et soutien du candidat socialiste Benoît Hamon, était l'invité ce dimanche de BFM Politique. Il est revenu sur son projet de création d'un "parlement de la zone euro" et s'est exprimé sur le coût du revenu universel.

Le revenu universel est l'un des enjeux de la campagne présidentielle 2017, et l'une des mesures fortes du programme Benoît Hamon. Mais beaucoup doutent de sa faisabilité. "On peut absolument mettre en place" ce mécanisme rétorque ce dimanche, Thomas Piketty, conseiller du candidat socialiste. Invité de BFM Politique, il s'appuie sur plusieurs pays européens engagés dans une démarche similaire en tant qu'exemple.

Interrogé sur le coût d'une telle mesure, l'économise a précisé que "du point de vue des prélèvements obligatoires, des dépenses publiques, rien ne sera changé" avec l'instauration d'une telle mesure. Il a également dénoncé "les chiffrages farfelus" qui circulent, affirmant "qu'il ne s'agit absolument pas de dépenser 350 milliards d'euros supplémentaires". 

"Le revenu universel, ça doit être pour tous ceux qui n'ont pas d'emploi ou qui sont en formation mais aussi pour tous ceux qui ont un emploi, mais un emploi mal payé" explique l'économiste. 

Notre invité a cité l'exemple d'un salarié touchant le Smic (soit 1.480 euros bruts). Celui-ci "voit son salaire net tomber à 1.100 euros par mois environ" après déduction des cotisations. "S'il en fait la demande, il va pouvoir toucher la prime d'activité" soit une centaine d'euros par mois. "Nous on va proposer de verser sur le bulletin de salaire directement les 100 euros manquants. Ça peut être une manière d'augmenter le Smic net sans augmenter le coût du travail" a-t-il affirmé.

Thomas Piketty a également précisé que "pour toutes les personnes qui ont des bons salaires, le revenu universel sera une opération blanche. Si on leur inscrit cette garantie de 600 euros par mois sur leur salaire, elle va être immédiatement compensée par une augmentation des prélèvements". 

"Mettre fin au déni démocratique" européen

L'invité de BFM Politique est également revenu sur sa proposition de création d'un "parlement de la zone euro" amené à régler certaines questions économiques. "Ce qu'on propose, c'est de faire une assemblée dans laquelle chaque pays membre de la zone euro sera représenté en proportion de sa population, à partir des députés présents dans les parlements nationaux, en proportion de chaque groupe politique" a-t-il expliqué.

L'économiste précise qu'il "s'agit de déléguer à cette assemblée les décisions qu'on ne peut plus prendre tout seul, comme le vote de l'impôt sur les sociétés. L'idée étant de faire votre une seule assiette de l'impôt sur les sociétés au niveau de la zone euro". 

Avec un tel mécanisme, Thomas Piketty entend "mettre fin au déni démocratique" européen illustré, selon lui, par les nombreuses réunions à huis-clos qui se déroulent à Bruxelles et d'où ne sortent jamais de décisions claires. 

A.M.