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L'armée américaine développe une armure en plastique capable d'arrêter les balles

Les forces spéciales américaines testent une veste en plastique capables d'arrêter les balles

Les forces spéciales américaines testent une veste en plastique capables d'arrêter les balles - US Army

Les Etats-Unis semblent avoir décidé pour le moment d'abandonner le développement trop complexe d'une armure connectée comme celle d'Iron Man. Mais ces recherches ont permis la mise au point d'une veste en plastique léger capable d'arrêter les balles. Quelques unités des forces spéciales américaines testent ce matériau sur le terrain.

Les recherches de l'armée américaine pour créer une armure capable de mieux protéger les soldats des forces spéciales, sans les alourdir et en facilitant leur mouvement, n'avancent pas comme prévu. En 2013, des fonds ont été alloués au programme Talos (Tactical Assault Light Operator Suit) pour créer un exosquelette connecté rapidement comparé à l'armure d'Iron Man. 56 entreprises, 16 agences gouvernementales, 13 universités et 10 laboratoires nationaux devaient collaborer dans ce projet plus complexe et plus coûteux que prévu.

Mais aussi, le commandement des forces spéciales, l'US Special Operations Command (Socom), juge le prototype de l'armure présentée peu compatible avec les missions de ses troupes parmi lesquels les fameux Navy Seals. "L'exosquelette en soi est problématique", déclarait le colonel James Miller, directeur du groupe de travail Talos, lors de la conférence Sofic (Forces d'opérations spéciales) suivie par Defense News.

Le prototype de l'exosquelette présenté en 2018 dans le cadre du programme Talos
Le prototype de l'exosquelette présenté en 2018 dans le cadre du programme Talos © US Army

44% du corps protégé contre 19% avec un gilet

Selon une information repérée par Opex360 sur le site Task & Purpose, les travaux menés dans le cadre de Talos serviront tout de même. Les forces spéciales de l'US Army testent un équipement issu d'un sous-ensemble de ce programme. Il s'agit d'une veste en fibre de plastique bien plus efficace que les gilets pare-balles actuellement utilisés. Elle couvre 44% du corps contre 19% avec l'équipement actuel et affiche un poids de 1,4 kilo seulement. Elle est faite en polyéthylène de masse molaire très élevée (UHMPE). Il ne s'agit donc pas de ce matériau en développement qui serait 14 fois plus résistant et 8 fois plus léger que l'acier.

L'armure de type Iron Man que préparait l'US Army a été abandonné pour un système plus adapté aux missions des forces spéciales
L'armure de type Iron Man que préparait l'US Army a été abandonné pour un système plus adapté aux missions des forces spéciales © US Army

C'est un plastique aux capacités impressionnantes. Ce matériaux qui a l'apparence d'un tissu résiste mieux à l'abrasion que le kevlar, il laisse l'humidité s'évacuer, il résiste aux chocs et afficher un coefficient de frottement supérieur à l'acier. Selon un porte-parole de US Socom (Special Operations Command, le commandement des forces spéciales américaines), l'UHMPE pourrait également servir à produire des boucliers, des casques, des gants, des protections de véhicules, voire aussi des armes légères (pistolets, fusils d'assaut...).

Des jambes robotisées pour les marches en montagne

Ce polyéthylène n'est pas une innovation. Il est utilisé sous différentes appellation et depuis des décennie dans le nautisme, l'industrie et même l'armée. En France, au Danemark et au Canada, les soldats sont équipés depuis quelques années de casques UHMPE, modèle Spectra, qui sont capables d'arrêter les éclats d'obus. Le matériau testé par les commando du Socom sont-ils les mêmes ou s'agit-il d'une version plus performante? Rien ne filtre sur ce point. 

Le projet Iron Man est-il pour autant mis aux oubliettes? Peut-être pas complètement. Toujours selon Task & Purpose, des équipements sont à l'étude comme des jambes robotisées issues de l'armure d'Iron Man pour les marches en terrains montagneux ou un casque à affichage tête haute avec visée nocturne pour guider les tirs d'armes connectées. Mais selon le site, aucune de ces technologies n'ont encore atteint la phase de test.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco