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Des firmes américaines quittent la Chine mais pas pour relocaliser leur production aux États-Unis

Donald Trump et Xi Jinping

Donald Trump et Xi Jinping - Fred Dufour-AFP

Selon une enquête de la Chambre de commerce américaine en Chine, plus de 40% des firmes interrogées ont déménagé leurs usines ou prévoient de le faire, de préférence vers le Mexique ou l'Asie du sud-est. Elles ne sont que 6% à vouloir relocaliser leur site de production aux États-Unis.

La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis pénalise fortement les entreprises américaines présentes dans l'empire du Milieu. Selon une enquête, publiée ce mercredi, de la Chambre de commerce américaine en Chine auprès de ses membres, les trois quarts des entreprises affirment que les hausses mutuelles de droits de douane sur les produits chinois et américains ont "un impact négatif" sur les affaires.

L'enquête a été réalisée la semaine dernière, après le regain de la guerre commerciale et l'annonce de nouvelles hausses de droits de douane tant par Pékin que par Washington.

Une stratégie de production "en Chine pour la Chine"

Près de la moitié des 250 entreprises qui ont répondu à l'étude ont dit avoir enregistré des représailles non tarifaires en Chine depuis l'an dernier, un cinquième affirmant par exemple subir des inspections accrues ou des passages plus lents en douane.

Selon cette étude, 35% des entreprises sondées disent s'orienter vers une stratégie "en Chine pour la Chine": à savoir investir dans le pays uniquement pour servir le marché local et non pour exporter vers les États-Unis ou des pays tiers. Plus de 40% des firmes interrogées précisent qu'elles ont d'ores et déjà déménagé leurs sites de production ou bien envisagent de le faire, de préférence vers le Mexique ou l'Asie du sud-est.

Seules 6% des firmes veulent relocaliser leur production aux USA 

Contrairement aux espoirs du président Donald Trump, seules 6% des entreprises qui ont répondu à l'étude envisagent d'installer à nouveau leurs usines aux États-Unis.

En dépit de leurs maux toutefois, plus d'une moitié des entreprises américaines se disent prêtes à endurer encore de longues négociations entre Washington et Pékin si cela permet de s'attaquer "aux problèmes structurels" et de parvenir à des conditions de concurrence équitables pour les entrepreneurs étrangers.

Outre le déficit commercial bilatéral, l'administration Trump exige de la Chine des réformes structurelles telles que la fin des transferts de technologie imposés aux entreprises étrangères, la fin du "vol" de la propriété intellectuelle ou encore des subventions massives aux entreprises publiques.

Des préoccupations partagées par les Européens: selon une étude publiée lundi par la Chambre de commerce de l'UE en Chine, 20% des entreprises européennes se plaignent de se voir imposer des transferts technologiques au profit d'un partenaire chinois.

Frédéric Bergé avec AFP