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Macron veut "modifier les règles d'indemnisation chômage"

Invité de RMC-BFMTV ce mercredi le ministre de l'Economie a estimé que les mesures du plan pour l'emploi annoncé par François Hollande étaient importantes mais qu'il fallait "aller encore plus loin". Et il donne des pistes.

Sur le plan pour l'emploi dévoilé par François Hollande lundi, Emmanuel Macron a estimé qu'il comportait "une série de solutions très importantes" mais il "pense qu'on doit aller encore plus loin". Interrogé par Jean-Jacques Bourdin, le ministre de l'Economie considère que "des voies sont ouvertes, il faut s'y engouffrer, pousser".

Un sujet qui le mobilise à 100%. Et qui ne l'a jamais conduit à douter de l'utilité de sa présence au gouvernement, contrairement à ce que pouvaient laisser croire des rumeurs relayées par la presse. Emmanuel Macron n'a pas envisagé de démissionner: "Je n'ai pas cette indécence", a-t-il insisté, visiblement agacé par les questions de politique politicienne. Sa priorité est, et reste, le redressement économique de la France.

Le ministre préféré des Français est notamment revenu sur les effets de la loi qui porte son nom. "Nous sommes en train de publier les derniers décrets de la loi de croissance" a-t-il fait remarquer. Même s'il est un peu tôt pour dresser un premier bilan de ses effets sur l'emploi, Emmanuel Macron relève quelques exemples positifs: "Au centre Beaugrenelle, depuis qu'on ouvre le dimanche, on a créé 250 emplois. (...) La mesure des autocars, à elle seule, a déjà créé 2.000 emplois directs" se félicite-t-il. Alors certes, la SNCF, elle, s'apprête à supprimer 1.400 postes. Mais "cela n'a rien à voir" selon le ministre pour qui "l'économie, c'est un processus de destruction création".

Il faut réformer l'indemnisation des chômeurs

Emmanuel Macron se refuse néanmoins à faire dans l'autosatisfaction béate. L'augmentation du chômage (600.000 chômeurs de plus depuis 2012)? On ne peut pas "dire que c'est un succès". Mais la responsabilité est collective: Les gouvernements successifs n'ont "pas assez investi dans la politique industrielle du pays" et il faut savoir s'armer de patience: "les choses fondamentales qui ont été faites depuis 2012 prennent du temps". 

Emmanuel Macron estime en revanche qu'il faut aller plus loin, par exemple sur la question des indemnités chômage, alors que la dette de l'Unedic atteint 30 milliards d'euros. Selon le ministre, le système doit être réformé, mais "il ne faut pas avoir une approche budgétaire en première intention du sujet. Un chômeur est victime de sa situation. Il faut d'abord se mettre en situation de recréer de l'emploi", souligne-t-il.

"La réforme doit inciter davantage le retour à l'emploi. Il faut modifier les règles d'indemnisation, en étant intelligent, et en considérant que quand le cycle économique est meilleur et qu'on recrée des emplois, il faut encore plus mettre de pression et tout faire pour qu'il y ait un retour à l'emploi".

Le ministre a enfin appelé à travailler sur les freins à la création d'entreprise, tout particulièrement ceux qui portent sur la qualification. Il existe selon lui "des barrières réglementaires sur certaines professions, des contraintes de formations, de qualification préalable, parfois de stages, qui verrouillent les choses. Avec de bonnes raisons, pour ce qui concerne la santé et la sécurité des consommateurs. Pour le reste, il faut qu'on libère la possibilité de créer. Il faut revenir sur la loi". Par exemple "dans la coiffure, il faut un BP, et pas simplement un CAP. On pourrait rendre le seul CAP nécessaire, et valoriser les acquis de l'expérience… cela va être inscrit dans la loi", indique Emmanuel Macron.

N.G.