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Les géants de l'énergie et du Net sont les rois du lobbying européen

Google et General Electric ont obtenu les plus de rendez-vous dans les bureaux de la Commission, avec respectivement 29 et 26 en six mois.

Google et General Electric ont obtenu les plus de rendez-vous dans les bureaux de la Commission, avec respectivement 29 et 26 en six mois. - Gérard Cerles - BELGA/AFP

Selon une étude de Transparency International sur les lobbyistes de Bruxelles, aucun autre secteur n'est aussi présent dans les bureaux de la Commission européenne.

Les services de la Commission européenne les plus sollicités par les représentants d'intérêts sont ceux traitant des dossiers "Climat et Energie", "Emploi et Croissance" et "Economie numérique", révèle une étude publiée mercredi à Bruxelles, pointant les gros budgets "lobbying" des géants du secteur pétrolier et de l'internet. 

Cette étude de l'organisation Transparency International (TI) se fonde sur l'analyse de 4.138 rendez-vous avec des lobbyistes ayant été déclarés entre décembre 2014 et juin 2015 par les Commissaires européens, les membres de leurs cabinets et les directeurs généraux de la Commission. 

Elle met en évidence que 75% de ces "lobby meetings" concernent des représentants du secteur privé (entreprises, fédérations professionnelles et consultants). 

Vous vous étonnez de ne pas trouver Google ? Il est 6ème de liste...
Vous vous étonnez de ne pas trouver Google ? Il est 6ème de liste... © Transparency International

Le dernier quart concerne la "société civile": pour 18%, il s'agit de réunions avec des organisations non-gouvernementales (ONG), pour 4% avec des think tanks (centres de réflexion) et pour 2% avec des collectivités territoriales.

Les cinq grands services de la Commission les plus sollicités par tous ces représentants d'intérêt, privé et public, soit près de 8.000 organisations enregistrées volontairement au registre ad hoc de l'UE, sont dans l'ordre: "Climat et Energie" (487 des 4.138 rendez-vous), "Emploi et croissance" (398), "Economie Numérique" (366), "Marchés financiers" (295) et "Transport" (274). 

Un budget de 2.5 millions d'euros pour 13 multinationales

Et pour les trois premiers, les rendez-vous avec les représentants de la société civile sont encore plus minoritaires qu'ailleurs, entre 4% et 8% du total, souligne l'étude. 

Treize multinationales dépensent au moins 2,5 millions d'euros par an pour leur lobbying auprès de l'UE, selon les chiffres de TI. Parmi elles deux françaises: EDF (11e avec 2,5 millions d'euros) et Total (13e, environ 2,5 aussi).

Les trois plus dépensières, ex-aequo avec 4,5 millions d'euros chacune, sont Microsoft et les deux géants pétroliers Shell et ExxonMobil, suivis de Deutsche Bank (près de 4 millions) et Dow Europe GmBH, filiale allemande du groupe américain Dow Chemical (3,75 M). 

Google (6e avec 3,5 millions d'euros) et General Electric (7e avec 3,25 millions) sont les deux groupes du classement ayant obtenu les plus de rendez-vous dans les bureaux de la Commission, respectivement 29 et 26 en six mois. 

La Commission Juncker, installée en novembre 2014, a rendu obligatoires à compter du 1er décembre 2014 les déclarations de rencontres avec des représentants d'intérêts. 

Sollicités par l'AFP à propos de l'étude de TI, les services de Jean-claude Juncker ont rappelé mercredi ce souci de transparence. "Citoyens et parties intéressées sont libres d'utiliser les chiffres publiés (par Bruxelles) dans leur propre intérêt légitime", ont-ils ajouté, "mais nous ne nous livrons à aucun exercice de classement".

P.S. avec AFP