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Le Medef redoute "20.000 à 25.000 dépôts de bilan" de plus qu'en 2020 cette année

Selon l'organisation patronale, au moins 20.000 entreprises de plus qu'en 2020 pourraient déposer le bilan en 2021 en raison de la crise sanitaire. Les petites entreprises seraient particulièrement concernées.

"Il y aura probablement 20.000 à 25.000 dépôts de bilan de plus que l'année dernière", a indiqué jeudi le président délégué du Medef Patrick Martin, qui assure qu'un "reconfinement dur" pourrait se traduire par "l'effondrement définitif de beaucoup d'entreprises".

En année classique, un peu plus de 50.000 entreprises mettent la clé sous la porte. En 2020, grâce aux mesures prises pour soutenir le tissu économique, les défaillances avaient fortement baissé. Mais la remontée brutale prévisible en 2021 pourrait ramener la France dans les eaux du niveau de 2019 (51.496 défaillances d'entreprises selon la Banque de France).

"Depuis très longtemps, il n'y a jamais eu aussi peu de procédures collectives de dépôts de bilan. C'est -38% pour l'année dernière. En janvier, ça n'augmente pas, contrairement à ce que l'on craignait", a ajouté Patrick Martin, plus optimiste.

Les petites entreprises plus touchées par la crise

Selon Patrick Martin ce sont "plutôt des petites et des toutes petites entreprises" qui seront victimes en 2021 des conséquences économiques de la crise sanitaire. Une étude réalisée en janvier par l'Union des entreprises de proximité le confirme: 3% des 6200 artisans, petits commerçants et professionnels libéraux interrogés "anticipent une fermeture au cours des prochains mois". Si c'était le cas, 90.000 entreprises mettraient la clé sous la porte en 2021.

"Ca correspondrait nécessairement à des dizaines de milliers de suppressions d'emplois. Ce sont des non créations d'emplois qui ont abouti à l'augmentation du chômage. On est très affecté parce que très dépendant du tourisme et de l'aéronautique. L'Asie a redémarré très fort mais sinon ce n'est pas mieux dans les pays les plus proches", a ajouté Patrick Martin.

"Beaucoup d'entreprises sont à bout de souffle même si les dispositifs du gouvernement ont été puissants et efficaces. On est à un point de bascule. Si on referme de nombreux secteurs d'activités, l'économie va partir en vrille. Il y a d'autres options" que le confinement.

P.D. avec AFP