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La France dans la course technologique

La France représente 10% du secteur des jeux vidéos.

La France représente 10% du secteur des jeux vidéos. - -

Ce 7 janvier commence à las Vegas le Salon Consumer electronic Show (CES).

C’est le lieu privilégié des démonstrations, à la fois des nouveaux produits et des nouveaux modes de production de demain. Les entreprises françaises sont plutôt bien placées, alors que la France passe son temps à se lamenter sur son déclin.

Le CES de Las Vegas est une occasion pour la France de montrer qu'elle est toujours dans la course technologique

Oui. C’est une tendance ancienne en France de se lamenter sur le déclin du pays et de réclamer des mesures protectionnistes au moment même où se développent dans le pays les industries du futur. A la fin du XIXe siècle, on a adopté des droits de douane très élevés, notamment sur l’agriculture, pour éviter soit-disant le recul du pays, alors même que celui-ci inventait l’automobile, le cinéma, le métro…
Aujourd’hui, on se lamente sur la concurrence chinoise déloyale et la disparition de la sidérurgie, mais entre 1995 et 2010, ce que l’on appelle les NTIC ont créé 700 000 emplois et sur la période 2010/2015, le nombre de créations devrait être de 500 000. Et à Las Vegas, il y a 90 entreprises françaises présentes sur le salon.
En ce moment, les deux vecteurs du développement technologique sont les smartphones et tout ce qui tourne autour de la connectivité d’une part et l’automobile rendue de plus en plus intelligente d’autre part.
La France est assez forte dans ces secteurs. Et elle aussi très présente dans ce que l’on appelle les imprimantes 3D. Elle a un rôle précurseur dans les jeux vidéo. C’est un secteur dont le marché mondial représente 70 milliards d’euros et dont la France représente 10%. Avec un tiers des entreprises qui ont moins de 2 ans.

Est-ce que la politique économique est adaptée à cette dynamique ?

Nos dirigeants font de grandes déclarations sur le sujet ; il y a un ministre en charge de l’Economie numérique (Fleur Pellerin) qui est ce mardi à Las Vegas, avec Pierre Gattaz. L’objectif de sa présence : "Prouver que la France est la nation des startups en Europe".
Le problème, c’est que les dirigeants de start up ne sont pas convaincus de la sincérité de ce discours. Ils étaient à l’avant-garde du combat que menaient les "pigeons" contre l’alourdissement de la fiscalité, notamment sur les cessions d’entreprise à la fin 2012. On se souvient qu’après avoir envisagé de doubler le prélèvement, le président de la République avait reculé aux "Assises de l’entrepreneuriat" du printemps dernier. Mais il y a eu de nouveau des escarmouches au moment du vote du budget à propos des impôts sur les investissements dans des entreprises non cotées.
En fait, malgré les discours, la majorité actuelle a du mal à se faire à l’idée qu’il faut laisser mourir des activités obsolètes et favoriser par des allègements d’impôt les activités nouvelles. Et Montebourg a quand même réussi à déclarer que l’innovation ne devait pas "perturber" les entreprises "historiques"…

Jean-Marc Daniel