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La CGT et FO claquent la porte des groupes de travail sur les missions de service public

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- - Stéphane De Sakutin - AFP

Les syndicats FO, Solidaires et CGT ont quitté ce lundi les groupes de travail mis en place par le gouvernement pour consulter les agents et usagers sur le périmètre des missions de service public.

Les syndicats CGT, FO et Solidaires de la fonction publique ont annoncé lundi qu'ils se retiraient des "groupes de travail" sur l'organisation d'une consultation des agents et des usagers concernant les missions de service public, qu'ils qualifient de "mascarade".

Le gouvernement souhaite organiser cette consultation, baptisée "forum de l'action publique", entre novembre et février 2018, par le biais d'une plateforme numérique, de rencontres dans les territoires et en y associant les écoles, sans plus de précision à ce jour. Mais la CGT, FO et Solidaires dénoncent dans un communiqué commun une "mascarade" qui permet au gouvernement "d'afficher un prétendu dialogue social", mais n'est "destinée qu'à légitimer les réformes structurelles d'ores et déjà décidées".

Une privatisation des services publics

Ils rappellent que le Premier ministre Édouard Philippe a clairement indiqué dans une lettre de mission aux ministres que le programme gouvernemental "Action publique 2022" prévoyait d'abord de "répondre aux objectifs budgétaires de réduction de la dépense publique" et qu'un comité d'experts avait été chargé d'identifier des "réformes structurelles et des économies significatives et durables" dans les administrations publiques.

"C'est dans ce but que le comité est invité à proposer des transferts au secteur privé, voire des abandons de missions", ajoutent les syndicats, dénonçant "une politique inacceptable de privatisation des services publics". "Le cadre et l'objectif étant ainsi arrêtés, aucune marge de discussion n'est possible", ajoutent-ils.

Dans une déclaration écrite, le ministère a dit "regretter" ce choix, expliquant notamment avoir tenu compte des "évolutions" proposées par certains syndicats concernant les questions sur lesquelles portera la consultation qui sera lancée "prochainement".

Le ministre des Comptes publics chargé de la fonction publique Gérald Darmanin a indiqué que cette grande réflexion commune était indispensable en début de quinquennat. "Il s'agit de faire les choses dans le bon ordre: définir d'abord ce vers quoi nous voulons aller, c'est-à-dire réfléchir aux missions, puis allouer ensuite les moyens adaptés à cette ambition", a réaffirmé le ministère.

Un mépris intolérable des agents

De son côté, la CFE-CGC a annoncé dans un communiqué qu'elle boycottait une réunion prévue lundi au ministère avec les syndicats sur les modalités et le calendrier de la consultation. Pour elle, le gouvernement "s'enlise depuis de longs mois dans une posture rigide de pseudo-dialogue social", qui "dénote un mépris intolérable des agents".

"Ce sur quoi on appelle à la vigilance, c'est sur ce qui suivra", estime en revanche la CFDT, qui entend continuer, comme la FSU et l'Unsa, d'assister aux "réunions d'information" prévues par le gouvernement. "Aucune des actions (consultation, comité d'experts) ne se substitue au dialogue social", a ajouté Mylène Jacquot.

Le comité d'experts auquel le gouvernement a donné carte blanche pour penser la "transformation" de l'administration, est composé de membres de la haute fonction publique, mais aussi du monde politique et économique, dont des personnalités étrangères comme l'ex-président du Conseil italien Enrico Letta. Ce comité a entamé vendredi une série d'auditions des organisations syndicales prévue jusqu'en décembre, ont confirmé plusieurs syndicats.

N.G. avec AFP