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La centrale biomasse de Gardanne pourrait redémarrer début janvier

"La centrale pourrait redémarrer "dans les premiers jours de janvier et tourner à plein régime au printemps", avait affirmé à l'AFP le PDG de GazelEnergie, Jean-Michel Mazalerat le 22 décembre.

"La centrale pourrait redémarrer "dans les premiers jours de janvier et tourner à plein régime au printemps", avait affirmé à l'AFP le PDG de GazelEnergie, Jean-Michel Mazalerat le 22 décembre. - Gérard Julien - AFP

La cour administrative d'appel de Marseille a rétabli l'autorisation d'exploitation de la plus grande centrale biomasse de France, à Gardanne (Bouches-du-Rhône).

En juin 2017, le tribunal administratif de Marseille avait annulé l'autorisation d’exploitation de la centrale biomasse de Gardanne (Bouches-du-Rhône), estimant que l'impact d'une telle usine sur les forêts du Sud-Est n'avait pas été suffisament évalué. Elle avait, depuis, cessé toute activité.

Critiquée pour son gigantisme

La centrale était principalement critiquée par des associations écologistes pour son gigantisme. France Nature Environnement estime qu'elle "prévoit l'abattage de centaines de milliers d'arbres par an, leur transport sur plusieurs centaines de kilomètres, pour produire une électricité qui coûtera trois fois le prix du marché".

Mais dans un arrêt en date du 24 décembre et rendu public lundi, la cour administrative d'appel a estimé "que l'exploitation forestière et la production d'électricité étaient des activités distinctes (...) et qu'elles ne pouvaient être regardées comme participant à la réalisation d'un même programme". La cour a ainsi suivi les conclusions du rapporteur public lors de l'audience du 11 décembre.

Résultat: "La centrale pourrait redémarrer "dans les premiers jours de janvier et tourner à plein régime au printemps", avait affirmé à l'AFP le PDG de GazelEnergie, Jean-Michel Mazalerat le 22 décembre.

70 emplois directs

Quelque 300 millions d'euros ont été investis dans cette centrale biomasse qui génère, selon son exploitant, 70 emplois directs. D'une puissance de 150 mégawatts, elle doit fournir à terme 6% de la production d'électricité de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, en consommant 850.000 tonnes de biomasse --en grande partie du bois.

Cette unité biomasse est désormais cruciale pour l'avenir du site car l'unité charbon, marquée par un long conflit social et qui est déjà à l'arrêt depuis deux ans, ne reprendra pas, en conformité avec l'engagement d'Emmanuel Macron de fermer les quatre dernières centrales à charbon de France.

La reconversion du site industriel, dans une ville déjà marquée par la fin des mines de charbon, repose donc désormais sur la relance de la centrale biomasse.

Développer une activité bois autour de l'usine

Par ailleurs, le 22 décembre, les différents acteurs institutionnels et privés ont signé un "pacte pour la transition écologique et industrielle de Gardanne-Meyreuil" qui prévoit notamment de développer une activité bois autour de l'usine avec l'implantation d'une scierie ou le développement d'une filière hydrogène pour les usages locaux et de e-méthanol (carburant de synthèse vert).

Des projets qui rencontrent là aussi des oppositions d'associations qui estiment qu'il s'agit "d'activités industrielles dangereuses en zone urbanisée".

Par Mélicia Poitiers avec AFP