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La baisse des emplois aidés va-t-elle perturber la rentrée?

Muriel Pénicaud juge le dispositif des emplois aidés trop coûteux et pas assez efficace.

Muriel Pénicaud juge le dispositif des emplois aidés trop coûteux et pas assez efficace. - Jacques Demarthon - AFP

La forte diminution du nombre de contrats aidés a provoqué la colère des élus locaux, dont beaucoup ont recours à ce type d’emplois pour préparer la rentrée scolaire. Conséquence: certains d'entre eux n'ont pas hésité à la reporter de plusieurs jours.

Alors que le gouvernement se prépare à une rentrée délicate, marquée par la brûlante réforme du Code du travail, les élus locaux viennent d'ouvrir un nouveau front pour protester contre la baisse du nombre d’emplois aidés.

Particulièrement remontés, les maires sont en première ligne. Car les communes ont fréquemment recours à ce type de contrats dans le secteur périscolaire: auxiliaires de vie, accompagnateurs, aide à la restauration...

Mais le dispositif des emplois aidés est jugé "coûteux" et "pas efficace" contre le chômage par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui compte investir davantage dans la formation. 293.000 contrats de ce type sont au total programmés cette année, nettement moins que les 459.000 signés en 2016.

Conséquence: la mobilisation des élus contre la baisse annoncée se met en place, avec le report de la rentrée scolaire de vendredi à mardi dans la plupart des écoles de l'île de La Réunion, et des demandes pressantes d'intervention auprès des membres du gouvernement. La baisse des emplois aidés impacte en effet particulièrement les collectivités d'outremer où, avec un taux de chômage des jeunes supérieur à celui de métropole, les contrats de ce type ont un rôle important d'amortisseur social.

"L'État ne respecte pas ses engagements"

En métropole aussi, les élus sollicitent le gouvernement en urgence. Le 8 août, le vice-président de l'Association des maires de France (AMF), André Laignel (PS), a ainsi déploré les "difficultés inextricables" auxquelles les exécutifs locaux sont confrontés, dans un courrier à la ministre du Travail, avec copie à son collègue de l'Éducation nationale.

"Avec ce gel des contrats aidés, l'État ne respecte pas ses engagements avec les collectivités et ne mesure pas les conséquences désastreuses que cela va produire en particulier dans nos communes", écrivent pour leur part le président des maires de la Loire, Jean-François Barnier, et le président du département, Bernard Bonne (LR), dans un communiqué diffusé jeudi.

Les maires alertent notamment sur l'impossibilité de renouveler des contrats arrivant à échéance et la nécessité de pourvoir les besoins en personnel pour la rentrée.

Par courriel interne, les agences Pôle emploi d'Ile-de-France ont, elles, reçu consigne de suspendre les prescriptions de contrats aidés, à quelques exceptions près, dont l'Éducation nationale, "dans l'attente de la circulaire qui ne devrait pas arriver avant la fin du mois".

Y.D. avec AFP