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L'économie française résiste, l’Insee maintient ses prévisions

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- - Philippe Huguen / AFP

Dans sa dernière note de conjoncture, l’Insee s’inquiète de la montée des incertitudes et des risques mais salue la résilience de l'économie tricolore, soutenue par la demande intérieure. L'institut ne voit donc pas de raisons de modifier ses prévisions de croissance du PIB pour 2019 à +1,3%.

Tous les derniers indicateurs le montrent: le ralentissement mondial liées aux guerres commerciales et aux incertitudes (Brexit…) affecte moins la France que ses voisins européens. Si l’activité dans l’industrie et les services s’essouffle, elle reste encore en expansion, de quoi éloigner le spectre de la récession (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB), qui guette au contraire la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

Dans sa dernière note trimestrielle, l’Insee estime donc ne pas avoir à réviser ses précédentes prévisions : "le scénario macroéconomique pour la France est quasiment inchangé par rapport à la note de conjoncture de juin avec une croissance prévue de +0,3% chaque trimestre d’ici la fin de l’année, et de +1,3% en moyenne annuelle en 2019 après +1,7% en 2018".

Pour l’institut national des études économiques et statistiques, la demande intérieure est le principal bouclier de l’économie française. "L’investissement des entreprises bénéficie comme dans d’autres pays de conditions favorables, notamment les taux d’intérêt bas, tandis que celui des administrations publiques est dopé par le cycle municipal ; la consommation privée profite quant à elle – certes graduellement, compte tenu d’un taux d’épargne encore élevé – du retour de la confiance des ménages en lien avec la vigueur du pouvoir d’achat". On attend en effet un gain de +2,3% du pouvoir d'achat -du jamais-vu depuis plus de dix ans- contre +1,2% en 2018.

Un taux de chômage à 8,3% en fin d’année sans l’aide des emplois aidés

L’Insee table ainsi sur une consommation des ménages de +1,1% en 2019 (+0,3% par trimestre) contre 0,9% un an plus tôt et cela devrait encore accélérer en 2020 avec la montée en puissance de nouvelles mesures de baisses d'impôts.

Ces conditions favorables devraient permettre de maintenir la décrue du chômage. L’Insee table donc toujours sur plus de 250.000 créations nettes d’emploi sur l’année 2019 (+166.000 acquises au premier semestre) et un taux de chômage en baisse "de l’ordre de 0,1 point par trimestre et s’établirait à 8,3% en fin d’année" contre 8,5% au printemps.

Preuve que cette dynamique est solide, l’Insee souligne que les emplois aidés ne pèseraient quasiment plus sur l’évolution d’ensemble, contrairement à 2018 et 2017.

Evidemment, l'institut alerte sur les aléas internationaux susceptibles d’orienter à la baisse ce scénario et notamment un Brexit désordonné. "Il est difficile à ce stade de quantifier l’effet à court terme d’un éventuel Brexit sans accord au 31 octobre, compte tenu notamment des perturbations que cela risquerait de causer sur les chaînes d’approvisionnement de certaines entreprises".

Patrick Martin, président délégué du Medef, a néanmoins sa petite idée: "il y a un chiffre qui circule et qu'on partage, c'est à dire un impact sur la croissance française de 0,2 point de PIB, ce qui est absolument considérable. Le pourcentage paraît dérisoire mais c'est des milliards d'euros qui partiraient en fumée et qui, soit dit en passant, ne sont pas intégrés dans les projections économiques du gouvernement pour 2020", a-t-il dit sur BFM Business.

L’Insee estime néanmoins que malgré le risque Brexit, les exportations françaises résisteraient en fin d’année (+1,3% sur le dernier trimestre, +2,3% sur l’année) grâce aux livraisons aéronautiques et navales. Mais le ralentissement par rapport à 2017 et 2018 serait net, les exportations ayant respectivement progressé de 4% et de 3,5%.

Olivier Chicheportiche